Travailleurs sans papiers : pour la régularisation, la lutte continue

18 Mai 2022

Depuis plus de six mois, les sans-papiers de Chronopost à Alfortville, ceux de DPD au Coudray-Montceaux ainsi que ceux de RSI, une société d’intérim spécialisée dans le bâtiment à Gennevilliers, réunis au sein du comité des sans-papiers de Vitry, continuent inlassablement leur lutte pour leur régularisation.

Mardi 10 mai, journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, les grévistes sont venus une nouvelle fois manifester pour leur régularisation devant les grilles de la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Seuls les deux élus PCF de Gennevilliers étaient reçus par un responsable de la préfecture. Mais le compte-rendu fait par la députée à la sortie de l’entrevue montrait que le dossier n’y avait pas beaucoup évolué. Tous ceux de RSI ont des cerfas et des certificats de concordance (formulaires remplis, datés et signés par l’employeur), mais ils seraient seulement une trentaine, et encore, à pouvoir être retenus pour une éventuelle régularisation.

Auparavant, le 5 mai, les grévistes sans papiers s’étaient rendus en manifestation devant le siège de La Poste, accompagnés de représentants de Sud et Solidaires. La DRH de Geopost, groupe rassemblant les activités colis de La Poste et de ses filiales, a alors annoncé aux responsables syndicaux qu’elle venait de se rendre compte que Derichebourg, une de ses entreprises sous-traitantes, avait employé des sans-papiers. Elle en tirait donc les conséquences, en rompant le contrat avec Derichebourg. Cela ne résoud évidemment rien, car le problème posé est que des travailleurs qui se retrouvent à faire les tâches les plus dures, les plus mal payées, n’existent pas du point de vue de La Poste ou des préfectures, et donc ne peuvent être régularisés, ne peuvent revoir leur famille, leur femme, leurs enfants restés au Mali ou au Sénégal, le seul lien possible étant WhatsApp.

Cette journée du 10 mai était bien choisie. Car, si les autorités voudraient qu’elle ne soit que celle de la mémoire d’une histoire ancienne, elles se montrent les dignes successeurs de leurs ancêtres esclavagistes du 18e siècle, avec les mêmes comportements méprisants.

Mais, pour ces jeunes travailleurs de moins de 30 ans pour la plupart, il n’est plus question d’accepter une situation de sous-travailleurs. Leur grève, leur détermination forcent le respect, tandis que les responsables d’entreprises qui les emploient ainsi que les responsables préfectoraux disent blanc un jour, gris le lendemain et noir trois jours après.

Pour les travailleurs, il ne doit pas y avoir de sous-catégorie. Le combat de ces travailleurs sans papiers doit être celui de tous. D’après les chiffres plus ou moins officiels, ils seraient 700 000 en France. Alors, régularisation de tous les sans-papiers !

Correspondant LO