Smic : pouvoir vivre de son salaire

18 Mai 2022
Jean-Luc Mélenchon a annoncé que, s’il était Premier ministre, il porterait le smic à 1 500 euros net. Immédiatement, on a entendu une ribambelle d’économistes, de représentants politiques et de journalistes expliquer que ce serait une catastrophe pour l’économie.

En réalité, tous savent que le smic pourrait atteindre bientôt 1 500 euros net par mois simplement à cause des revalorisations automatiques dues à l’inflation. Pour les travailleurs, cela ne voudra même pas dire que leur pouvoir d’achat s’améliore. Il suffit de voir ce qu’il s’est passé en un an : le smic a augmenté de près de 80 euros, mais les prix de l’électricité, des carburants, des produits alimentaires sont montés en flèche. Et la hausse du smic n’a pas compensé cette envolée.

Le gouverneur de la Banque de France a ajouté qu’il était opposé aux hausses de salaires car celles-ci seront « bouffées dans les mois qui suivent par le supplément d’inflation, et tout le monde sera perdant ». Il est vrai que si le patronat était contraint d’augmenter les salaires, il tenterait de se rattraper immédiatement sur les prix. Après les grandes grèves ouvrières de juin 1936 ou celles de mai 1968, c’est ce qui s’est passé. Mais renoncer pour autant à revendiquer des augmentations serait céder au chantage. Ce qui est vrai, c’est que le combat des travailleurs ne peut pas s’arrêter en chemin. Si les prix augmentent, et ils augmenteront, les travailleurs devront se battre pour que les salaires continuent d’augmenter. Alors, une promesse électorale d’un smic à 1 500 euros net fait peut-être crier des politiciens de droite, mais le problème n’est même pas de s’arrêter à un chiffre, il est d’imposer en permanence un rapport de force, entre travailleurs et patronat, tel que ce dernier soit obligé de payer.

Pierre ROYAN