Sidjie Esdras, employée de mairie en Guadeloupe

18 Mai 2022

Candidate de Combat ouvrier dans la 3e circonscription de Guadeloupe, j’ai 31 ans et je suis employée de mairie. Je suis l’aînée d’une fratrie de trois enfants.

Nous avons été élevés par une mère seule. Elle avait été auxiliaire puéricultrice pendant vingt ans avant d’être licenciée en 2012 lorsque la crèche où elle travaillait a fermé ses portes. Depuis, elle n’a jamais retrouvé un travail stable. À 59 ans, elle enchaîne les CDD. C’est la situation de ma mère qui m’a définitivement dégoûtée de la société injuste dans laquelle nous vivons.

Je me présente pour faire entendre le camp des travailleurs. Aux Antilles, la situation des travailleurs et des plus modestes est pire qu’en France hexagonale. Le chômage y est trois fois plus élevé, les prix des produits alimentaires est doublé voire triplé, alors que les revenus sont en moyenne plus faibles. Dans ces territoires ravagés par les séquelles du colonialisme, cette situation n’est pas une fatalité, mais elle est le résultat d’un système basé sur l’exploitation et l’enrichissement d’une minorité de gros possédants, sous le regard bienveillant de l’État.

L’État laisse volontairement pourrir les services publics. Voilà pourquoi, au 21e siècle en Guadeloupe, des milliers de foyers sont privés d’eau potable. Voilà pourquoi l’hôpital tombe en ruine et les ordures ménagères ne sont pas ramassées régulièrement !

Travailleuses, travailleurs, chômeurs, retraités modestes, plus nous serons nombreux à avoir conscience qu’il faut renverser ce système, plus nous aurons une chance d’y parvenir.