Palestine : un crime de l’armée israélienne

18 Mai 2022

Mercredi 11 mai, Shireen Abu Akleh, journaliste américano-palestinienne de la chaîne Al-Jazeera, a été tuée d’une balle au visage lors d’un reportage sur un raid israélien dans le camp de réfugiés de Jénine, au nord de la Cisjordanie.

Équipée d’un gilet pare-balles siglé « Press », elle était bel et bien visée en tant que journaliste. D’après Reporters sans frontières, c’est la septième tuée dans les territoires palestiniens depuis 2018. Shireen Abu Akleh, qui dénonçait depuis plus de vingt ans les violences de l’État israélien, était célèbre au Proche-Orient et dans tout le monde arabe, où son assassinat a suscité une grande émotion.

Vendredi 13 mai, à Jérusalem-Est, alors que des milliers de Palestiniens étaient rassemblés pour ses obsèques devant l’hôpital où reposait son corps, les policiers israéliens ont chargé la foule, distribuant les coups de matraque y compris aux porteurs du cercueil, usant de fumigènes et de grenades assourdissantes, arrachant les drapeaux palestiniens. Au même moment, dans le camp de Jénine et ses alentours, treize Palestiniens ont été blessés par balles.

Ce déchaînement de violence est à l’image de ce que vivent les Palestiniens depuis des semaines. Depuis le 22 mars, à la suite d’une série d’attentats qui ont fait 19 morts parmi la population israélienne, le Premier ministre israélien Naftali Bennett multiplie les gestes en direction de l’extrême droite, dont il est lui-même issu. À la tête d’une coalition hétéroclite qui va de la droite religieuse à la gauche travailliste, fragilisé par plusieurs défections, il tente ainsi de sauver son gouvernement. Les restrictions de circulation et les humiliations se sont accentuées. En Cisjordanie, particulièrement à Jénine, les ratissages militaires, les arrestations sont devenus quotidiens. L’État israélien poursuit et intensifie sa politique de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie : le 12 mai, Bennett a encore annoncé la construction de près de 4 500 logements dans les colonies de Cisjordanie.

Après la diffusion dans le monde entier des images du corps sans vie de la journaliste, les États-Unis et l’Union européenne n’ont pu que condamner son assassinat et la brutalité des policiers israéliens lors de ses obsèques. Mais les grandes puissances n’ont rien à redire au terrorisme d’État que les dirigeants israéliens infligent au quotidien à tout un peuple, car elles en sont complices.

Julie LEMÉE