Novares – Libercourt : succès de la grève pour les salaires

18 Mai 2022

Novares est un sous-traitant qui fournit en flux tendu des composants plastiques pour les usines d’assemblage de l’automobile. Jeudi 12 mai, dans le cadre des négociations annuelles, la direction à Libercourt, dans le Pas-de-Calais, a annoncé qu’elle n’irait pas au-delà de 1,8 % d’augmentation des salaires pour cette année.

À la sortie de la réunion, vers 17 heures, les militants de FO et de la CFDT proposaient de débrayer et une très grosse majorité de l’atelier cessait le travail. À la relève, l’équipe de nuit s’est elle aussi mise en grève, de même que celle du matin, soit au total 150 travailleurs. Au piquet de grève, beaucoup de discussions portaient sur les salaires et le coût de la vie : certains ont trente ans d’ancienneté et ne gagnent que 1 500 euros, d’autres disaient payer 200 euros de gasole par mois uniquement pour venir travailler. Les grévistes partagent l’idée que les actionnaires de ce groupe Novares, qui possède des usines partout dans le monde, ont largement de quoi augmenter les salaires.

Dans les premiers moments de la grève, l’encadrement a tant bien que mal réussi à expédier quelques camions de pièces mais, vendredi 13 mai au soir, les stocks étaient à zéro et la production totalement arrêtée. La grève s’est poursuivie lundi 16 mai et a eu des répercutions chez Toyota à Onnaing car, sans pièces plastiques, il est impossible de produire les voitures. Toyota choisit alors de placer la totalité des ouvriers de production en chômage partiel et son usine était à l’arrêt dès la fin d’après-midi. Le mardi, une autre usine Toyota, en République tchèque, annonçait l’arrêt de production à partir du lendemain, faute de pièces.

Devant le rapport de force imposé par les travailleurs, la direction de Novares revenait sur ses propositions. Lundi soir 16 mai, elle se disait prête à accorder 2,8 % d’augmentation, une revalorisation des primes panier, ce qui en fonction des différents coefficients représente entre 85 et 105 euros net par mois. Elle y ajoutait une prime exceptionnelle de rentrée.

Ce n’était cependant pas suffisant pour les travailleurs, qui choisissaient de poursuivre la grève. Alors, le mardi, la direction annonçait 3,5 % d’augmentation, avec l’intégration définitive de la prime de rentrée dans le salaire. En fonction des coefficients, cela représente entre 105 et 125 euros net par mois. En plus de cela, les grévistes arrachaient une prime de 156 euros net et le paiement d’un jour de grève en congé payé. Après quatre jours de grève, c’est la tête haute qu’ils reprenaient le travail en fin de journée.

Correspondant LO