Maternités fermées : des palliatifs dérisoires

18 Mai 2022

De plus en plus de femmes sont obligées d’accoucher loin de chez elles à cause de la fermeture des maternités. Les décrets leur permettant d’être hébergées les jours précédant leur accouchement, enfin publiés, sont une piètre tentative du gouvernement pour cacher le tort qui leur est fait.

Seules celles résidant à plus de quarante-cinq minutes de trajet motorisé du lieu où elles vont accoucher pourront bénéficier de cette mesure pendant les cinq jours précédant la date de l’accouchement, appréciée par un médecin ou une sage-femme. Cet hébergement sera non médicalisé, et sera pris en charge par l’Assurance maladie dans une structure dont la liste sera fixée par l’Agence régionale de santé, un hôtel par exemple.

Durant ces vingt dernières années, 221 maternités sur 717 ont fermé. La part des femmes en âge d’accoucher habitant à plus de 45 minutes d’une maternité a augmenté de 40 % entre 2000 et 2017. Dans toutes les communes où des maternités ont fermé, les femmes font part de leur stress à l’approche de l’accouchement et de leur crainte de ne pas pouvoir être prises en charge correctement. Bien souvent elles avaient mis au monde leurs enfants précédents dans la maternité aujourd’hui fermée, et en étaient satisfaites.

D’autres décrets viennent d’être publiés en avril, eux aussi pour pallier tant bien que mal la fermeture des maternités. Ils autorisent les pompiers à pratiquer les accouchements dans leurs camions, et prévoient une formation à cet effet. Les pompiers n’avaient de toute façon pas d’autre choix que de le faire, en contact téléphonique avec une sage-femme ou un médecin, jusqu’à ce que le relais puisse être pris par des professionnels. Mais, dans bien des départements ruraux, ils témoignent de ce que le nombre de tels accouchements sur le trajet est en augmentation constante.

La fermeture programmée des maternités de proximité entraîne pour les femmes qui y avaient recours des conditions d’accouchement dégradées. Le gouvernement prend prétexte du manque de sages-femmes et de médecins pour les justifier mais est prêt à tout plutôt que de mettre en œuvre des conditions d’exercice et de salaire permettant de les recruter.

Daniel MESCLA