Djebbari : atterrissage en douceur

18 Mai 2022

Avant même le remaniement ministériel, il semblerait que Jean-Baptiste Djebbari, l’ancien pilote de ligne et futur ex-ministre des Transports, ait anticipé son départ du gouvernement en se préparant un point de chute confortable.

La start-up Hopium, spécialisée dans la fabrication de voitures haut de gamme à hydrogène, lui propose en effet une place dans son conseil d’administration.

Passer ainsi d’un poste ministériel ou de haut fonctionnaire à une entreprise privée qui offre un emploi vraisemblablement plus lucratif s’appelle du pantouflage. C’est une pratique courante et parfaitement légale, à condition en principe qu’il n’y ait aucun conflit d’intérêt entre les deux emplois. Selon la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui a validé sa démarche, Djebbari serait dans les clous, sous réserve qu’il ne se serve pas de ses relations dans l’un ou l’autre camp pour faire fructifier son petit commerce.

Ben voyons ! Comme si les deux mondes, celui des affaires et celui des « serviteurs de la République », étaient séparés. Ils sont du même milieu, se sont croisés dans leur jeunesse dans les mêmes grandes écoles et continuent à se fréquenter et à se marier entre eux, etc. Qui pourrait être assez naïf pour croire qu’ils ne parlent jamais affaires et ne se refilent pas les adresses et les bons tuyaux ? Surtout quand, en qualité de ministre, les occasions de se créer de nouveaux amis ne manquent pas.

Marianne LAMIRAL