Toyota – Onnaing : débrayages pour les salaires et conditions de travail

11 Mai 2022

À l’usine Toyota d’Onnaing, dans le Nord, près de Valenciennes, 5 000 ouvriers fabriquent la Yaris en trois équipes.

Vendredi 6 mai, 200 ouvriers et ouvrières environ ont débrayé deux heures par poste, en le décidant eux-mêmes. Cela a secoué l’usine dans les trois équipes, matin, après-midi et nuit. À chaque équipe, l’atelier assemblage a été chaque fois en arrêt total pendant 1 h 30, faute de bras pour le faire tourner.

Les salaires trop faibles, les primes qui baissent, la production et la charge de travail qui augmentent sont au cœur des préoccupations de tous les salariés. Ce qui s’est exprimé le plus, c’est qu’il y en a assez des cadences toujours plus dures : la production est passée ces trois derniers mois de 374 à 415 voitures par jour par équipe. Il s’y ajoute des salaires trop faibles : une augmentation d’au moins 150 euros net par mois est la revendication qui revenait le plus souvent. Au même moment, Toyota venait d’annoncer 24,8 milliards d’euros de bénéfices en un an : un record absolu !

Mardi 10 mai, la direction a tenté d’allumer un contre-feu en réunissant des représentants syndicaux et en annonçant une prime de 500 euros payable fin mai pour tous les salariés, quel que soit leur type de contrat. Mais une prime n’est pas ce que réclament les travailleurs ; ce qu’ils veulent, c’est du salaire en plus, tous les mois ! Cette annonce n’a pas empêché une centaine d’ouvriers de débrayer à nouveau quelques heures plus tard, provoquant de nouveau un arrêt de la ligne d’assemblage. Le succès de ces premiers débrayages, encore minoritaires, est un encouragement à rejoindre le mouvement pour en faire une véritable force capable de faire céder Toyota !

Correspondant LO