Naci Yildirim, ouvrier en Haute-Savoie

11 Mai 2022

Issu d’un milieu ouvrier immigré dans lequel j’ai appris la nécessité pour les travailleurs de s’organiser, je suis ouvrier en usine depuis l’obtention de mon bac en génie mécanique, d’abord dans l’agglomération grenobloise, pendant plusieurs années en intérim, ensuite en CDI à Annecy, dans une usine d’une multinationale japonaise qui vend des roulements dans le monde entier.

Depuis que j’ai commencé à travailler, l’exploitation s’est intensifiée, les cadences s’accélèrent, avec de plus en plus de flexibilité, comme récemment avec les samedis obligatoires. Nos salaires, eux, n’ont quasiment pas bougé et demeurent pour beaucoup juste au-dessus du smic (sans les primes d’équipe), bien loin des 2 000 euros qui seraient nécessaires pour vivre dans une agglomération où les loyers sont parmi les plus élevés du pays.

Ces dernières années, il n’y a eu que quelques réactions de colère contre les reculs imposés. Mais personne autour de moi n’est dupe de la situation et chacun voit bien qu’une petite minorité de parasites s’enrichissent sur notre dos. La classe ouvrière produit toutes les richesses. Je suis bien convaincu que, malgré le fatalisme qui pèse aujourd’hui, elle montrera tôt ou tard qu’elle est capable de s’organiser pour défendre ses intérêts et diriger la société. Il n’y a pas d’autre choix si nous voulons défendre notre droit à une existence digne.

C’est l’idée que je défends parmi mes camarades tous les jours et que je défendrai également dans ces élections.