Face à la hausse des prix : augmenter tous les salaires !

11 Mai 2022

Selon que vous serez puissant ou misérable, l’augmentation continue des prix vous sera sucre ou vinaigre, aurait pu dire La Fontaine.

C’est sucre pour les grandes entreprises, gavées d’aides, auxquelles le gouvernement va jusqu’à offrir les salaires des travailleurs mis au chômage, et qui augmentent encore leurs bénéfices en augmentant leurs prix de vente. On le voit pour l’automobile, l’énergie, le grand commerce, etc. Les moyennes et les petites entreprises, quelle que soit la diversité des situations, ont aussi la possibilité d’augmenter leurs prix. Les salariés, les pensionnés, les chômeurs, les retraités et toutes les familles populaires ne peuvent que constater le blocage de leur revenu et, partant, la baisse de leur pouvoir d’achat.

Le gouvernement quant à lui annonce des aumônes : bouclier énergie, ristourne provisoire sur le litre de carburant et, promis pour l’été, un chèque alimentaire de 50 à 60 euros par mois pour les familles nécessiteuses. La prime d’activité est, elle, censée compenser les trop faibles salaires rémunérant les temps partiels et les CDD trop courts, l’APL est censée aider à se loger, etc. Malgré tous ces prétendus bienfaits, des millions de familles restent dans la panade. Elles s’y enfoncent même toujours plus et ont le sentiment que ces mesures ne sont pas faites pour qu’elles en sortent mais pour qu’elles y restent.

C’est exactement ce que veut le gouvernement. Ces aumônes, et nombre d’autres mesures, permettent au patronat de maintenir les salaires au plus bas et même de les diminuer encore. Elles offrent au gouvernement l’occasion de jouer, pour pas cher, au protecteur des faibles. Elles émiettent le monde du travail, personne n’ayant droit à la même chose que son collègue d’atelier ou de coron et chacun étant invité à regarder dans l’assiette du voisin.

Les travailleurs font fonctionner toute la société, ils sont les seuls producteurs de richesses et n’ont pas à payer pour les soubresauts de l’économie capitaliste. Ils n’ont que leur salaire pour vivre et doivent donc revendiquer qu’il soit suffisant : aucun salaire, aucune retraite, aucune allocation ne doivent être inférieurs à 2 000 euros. Tous les salaires devraient être immédiatement augmentés pour rattraper le blocage qui dure depuis trop longtemps et être réévalués au fur et à mesure que les prix augmentent. Cela ne doit pas dépendre de la charité publique ou de la bonne volonté gouvernementale, mais être payé entièrement et exclusivement par le grand patronat. C’est bien pourquoi cela ne pourra être arraché que par une lutte puissante, générale, comme le furent celles de 1936 et de 1968.

Il s’agit de permettre au monde du travail de vivre dignement. Il s’agit aussi de lui redonner sa fierté et son unité en avançant une revendication valable pour tous et qui oppose frontalement le capital et le travail.

Paul GALOIS