Taxe foncière : les petits propriétaires rançonnés

04 Mai 2022

Dans beaucoup de grandes villes, de nouvelles hausses de la taxe foncière sont annoncées pour 2022. À Tours, la taxe va bondir de 15,4 %, à Marseille de 14 %, à Strasbourg de 12,6 %, à Nantes de 11 %, etc. Et ce mouvement de hausse n’est pas une nouveauté mais est la continuation d’un mouvement de fond.

L’an dernier, le constat avait été déjà fait qu’en dix ans, de 2010 à 2020, la taxe foncière avait augmenté de 28 % en moyenne dans toute la France. Cette taxe foncière est l’impôt local que payent tous ceux qui sont propriétaires de leur habitation, qu’ils soient riches ou pauvres. Cet impôt n’est pas basé sur les ressources des habitants mais sur un indice fixé sur des critères parfois très discutables, qui peuvent aboutir à ce que de riches propriétés ou appartements anciens payent moins en proportion de leur taille qu’un simple appartement ou pavillon occupé par des familles ouvrières. Des millions de familles de travailleurs et de gens modestes sont donc directement touchés par ces hausses qui mettent à plat les ressources de la famille.

Pour justifier cet envol des augmentations, certains élus évoquent la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale décidée par Macron, et le fait que la compensation de l’État est insuffisante.

Certains maires de petites communes ne voient donc pas d’autre solution pour pallier le désengagement progressif de l’État. Mais, bien souvent, les maires des grandes métropoles se conduisent comme le reste de l’appareil d’État, au service des plus riches, soucieux en priorité des intérêts du patronat, et bien souvent méprisants vis-à-vis des attentes et des besoins des milieux populaires les moins riches.

Ces hausses des taxes foncières sont une sinistre illustration de la façon dont ceux qui dirigent la société en font retomber les frais sur les classes populaires.

Paul SOREL