Retraites : il faudra les défendre

04 Mai 2022

Dans les défilés du 1er mai, d’un bout à l’autre du pays, les mêmes slogans se sont fait entendre dénonçant la chute du pouvoir d’achat, le chômage, mais aussi l’attaque sur les retraites au programme de Macron.

De 62 ans aujourd’hui, l’âge de départ passerait à 64 ans vers 2027, puis à 65 ans, alors que ceux qui ont encore un travail sont souvent au bout du rouleau bien avant. Et, de toute façon, avec l’augmentation de la précarité et du chômage qui aura encore un emploi à 63, 64 ans ? Et quel sera alors le montant de la pension de retraite ? Même avec une carrière complète, les pensions sont insuffisantes, souvent inférieures à 800 euros, voire beaucoup moins ?

Les travailleurs ont mille fois raison de voir cette réforme annoncée comme une provocation. Les retraites sont financées par eux-mêmes, par leurs cotisations, en sacrifiant durant des dizaines d’années une partie de leur salaire. Le droit à la retraite n’est en rien un cadeau, s’en prendre à ce droit est un vol pur et simple.

« Les candidats qui veulent reporter l’âge de départ [le font] pour baisser la dépense publique globale.C’est un raisonnement qui se tient, puisque les retraites pèsent 25 % de la dépense totale », expliquait Antoine Bozio, directeur de l’Institut des politiques publiques dans le journal Les Echos du 4 avril. Et le journal patronal de poursuivre : « Le projet de Macron assimile les régimes de pensions à une composante des finances publiques : en faisant maigrir (ou croître moins vite) cette masse imposante, l’idée est de libérer des marges de manœuvre budgétaires. » Ces « marges budgétaires » ainsi « libérées » permettront de reverser des milliards à la bourgeoisie sous forme de subventions, de cadeaux ou commandes diverses. Comme à chaque réforme des retraites, le pouvoir voudrait aider la bourgeoisie à faire les poches des travailleurs.

Face à cela, que proposent les dirigeants syndicaux, au-delà de quelques postures ? « Si on ne nous entend pas, on se bagarrera pour empêcher le recul de l’âge de départ à la retraite », déclarait Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière, le 1er mai. « Emmanuel Macron a crispé tout le monde avec les retraites, s’il dit qu’il a changé, qu’il le prouve », ajoutait de son côté celui de la CGT, Philippe Martinez. Laurent Berger, de la CFDT, se contente de réclamer sur ce sujet « une vraie discussion ». En réalité tous sont prêts à s’engouffrer dans la brèche de la concertation ouverte par Macron dans l’entre-deux tours.

La réforme des retraites est une des nombreuses armes utilisées par la bourgeoisie dans la guerre qu’elle mène contre la classe ouvrière, guerre qui s’intensifie avec l’aggravation de la crise. Il n’y a rien à attendre de discussions, ni de compromis à espérer. Les travailleurs doivent se préparer à défendre leurs conditions d’existence, retraites, salaire, emplois, avec leurs propres armes de classe.

Aline RETESSE