Téléphonie : le cuivre rapporte toujours

27 Avril 2022

Tous les opérateurs téléphoniques, Orange, SFR, Bouygues ou Free, veulent faire basculer leurs abonnés vers la fibre optique, en le leur faisant payer.

Avec les gros débits que permettent les nouvelles technologies optiques, les opérateurs espèrent vendre toujours plus de nouveaux produits, comme des abonnements à des chaînes de télévision supplémentaires. Ils espèrent accroître leur marché de cette manière. Et les millions de personnes souhaitant une simple ligne téléphonique ou une connexion Internet de débit modeste ne rentrent pas dans leurs plans commerciaux.

Orange, en accord avec tous les autres opérateurs, a donc annoncé la fin du réseau téléphonique en cuivre d’ici quelques années, au plus tard en 2030. Et entre-temps, l’opérateur profite de sa position de monopole pour imposer des tarifs exorbitants sur les abonnements traditionnels. Au point que les 21,5 millions d’abonnés encore connectés au réseau cuivre rapportent chaque année à Orange près de 2 milliards d’euros.

En plus, ce réseau cuivre ne coûte presque plus rien à Orange. Il a été mis en place par le service public des télécoms dans les années 1960. Il avait permis à quasiment toute la population d’avoir le téléphone à la maison. Aujourd’hui il est vétuste, car Orange ne veut plus mettre les moyens pour l’entretenir, quelles qu’en soient les conséquences. L’année dernière, il y avait eu une panne des numéros d’appel d’urgence (Samu, pompiers ou police secours) qui avait duré toute une nuit, suite au manque de maintenance.

Mais le réseau fibre optique subit la même logique. Les grands opérateurs se déchargent complètement de son entretien. Pour la moindre panne, ce sont des sous-traitants de sous-traitants qui interviennent. Et l’annonce par Orange de la fin de son contrat avec la société Scopelec, qui s’occupait de cette maintenance, rentre dans ce plan d’économies. Les salariés de cette entreprise le paient directement de leur emploi, et la population le paiera de la dégradation du service.

Pierre ROYAN