Pêche illégale : des justiciers verts comme des dollars

27 Avril 2022

EJF, la fondation pour la justice environnementale, basée aux États-Unis, a publié un rapport sur la pêche hauturière chinoise, pratiquée dans les eaux internationales ou dans les zones côtières de pays tiers.

On y apprend sans surprise, vu la taille du pays et son régime politique, que cette pêche est la première du monde et qu’elle est presque totalement sous contrôle de capitaux privés, quoique largement subventionnée par les fonds publics et sous protection étatique. L’enquête d’EJF relève que ses bateaux pillent sans vergogne les ressources des côtes africaines, raclent sans retenue les fonds marins, dépeuplent sans limite les océans. Les bateaux chinois ou détenus par des capitaux chinois ne respectent aucune des réglementations sur les espèces, leur taille, la période de pêche, la quantité prélevée, etc. Ils mettent donc en danger la survie des espèces qu’ils pourchassent. Et, bien sûr, les capitaines exploitent férocement les équipages, particulièrement lorsqu’ils sont recrutés ailleurs qu’en Chine et quasiment réduits en esclavage.

Le tableau est criant de vérité, mais il mériterait la comparaison avec les pratiques des grands pays impérialistes. Ceux-ci, français, britanniques, américains et japonais, ont derrière eux des siècles de ravages et ils continuent allègrement. Malgré tout le vernis des lois et des règlements, les grandes pêcheries occidentales bénéficient également des subventions et de la protection de leurs États, ravagent tout autant les océans et, par le biais d’une sorte de sous-traitance, exploitent également des bateaux infâmes. EJF ne mentionne pas ce fait et on chercherait en vain un tel rapport dans ses publications.

Cette fondation n’est pas borgne de l’œil ouest : elle écoute simplement ses donateurs, c’est-à-dire une liste de milliardaires américains. On y trouve entre autre la famille Walton, propriétaire des magasins Walmart réputés pour pressurer à la fois les ouvriers chinois qui fabriquent leurs marchandises, les travailleurs américains qui les transportent et les vendent, et jusqu’aux clients, recrutés dans les classes populaires, qui paient cher pour une qualité médiocre. On y trouve aussi le département d’État américain, c’est-à-dire le ministère des Affaires étrangères du premier impérialisme, concur­rent-partenaire-­ex­ploiteur de la Chine, toujours prêt à dénoncer la paille dans l’œil chinois et à justifier la poutre dans l’orbite américaine.

Avec des défenseurs pareils, les poissons, pour ne pas parler des marins-­esclaves, ont du souci à se faire !

Paul GALOIS