PSA-Stellantis : un patron à 180 000 euros par jour

20 Avril 2022

Un an après la fusion PSA-Fiat-Chrysler, le groupe automobile Stellantis a annoncé des bénéfices de 13,4 milliards d’euros pour l’année 2021.

Peu après, on apprenait par une société actionnaire que le directeur général, Carlos Tavares, allait toucher plus de 19 millions d’euros de rémunération pour la même période, sans compter divers bonus, plans d’actions et primes, qui amèneraient celle-ci en quelques années à 66 millions annuels.

Même si leur vote n’est que consultatif, 52 % des actionnaires ont voté lors de leur assemblée générale contre ce salaire exorbitant. Les familles Peugeot et Agnelli, principaux capitalistes du groupe, décideront ; mais le niveau de rémunération qu’elles sont prêtes à verser à leur serviteur en or donne une idée de ce qu’elles empochent, elles !

La somme que va toucher Carlos Tavares, 180 000 euros par jour, samedi et dimanche compris. « Nous les salariés, s’indignait-il, on a eu 2,8 % d’augmentation, 40 euros par mois. Comment faire face à la hausse des prix ? […] Ce sont les travailleurs qui fabriquent toutes ces richesses. Malgré une année de Covid, de crise sanitaire, les bénéfices ont explosé. »

Et en effet, malgré cela, malgré même la crise des composants qui a touché les constructeurs automobiles, Stellantis a remporté le gros lot. L’exploitation des salariés, le renvoi de travailleurs intérimaires, le blocage des salaires, leur recul causé par l’inflation, sont à la source de ces profits gigantesques. La suppression prévue de 2 600 emplois sur les deux prochaines années va dans le même sens.

Ce n’est certainement pas ce qui heurte le directeur de la société de conseil Proxinvest, qui a pourtant jugé le pactole de Tavares « absolument disproportionné ». De même, le candidat Macron se sent obligé de trouver ce salaire « choquant et excessif », et sa concurrente Le Pen de le juger « choquant, mais là, il a de bons résultats ». Quant aux salariés de PSA-Stellantis, auxquels il n’est accordé pour 2021 qu’une prime d’intéressement de 3 600 euros net, conditionnés par une présence à 100 %, ils savent dans leurs muscles et leurs articulations douloureuses qui a fabriqué les profits de Stellantis, et ils ont d’excellentes raisons d’être révoltés par l’arrogance de leur patron.

Viviane LAFONT