Ferrero : les profits de la salmonelle

20 Avril 2022

Il a fallu un certain temps, c’est le moins que l’on puisse dire, avant que les autorités belges ne ferment l’usine Ferrero d’Arlon, d’où sortaient les chocolats Kinder soupçonnés d’avoir été à l’origine de la salmonellose dans plusieurs pays européens.

Selon l’ONG Foodwatch, une première alerte, britannique, avait dès le 23 mars avisé le groupe italien des risques. La branche française ne l’a su qu’une semaine plus tard, et ce n’est que le 4 avril qu’un rappel des produits a été ordonné en France. Mais il n’était que partiel. Comme on approchait des fêtes de Pâques, période de vente représentant 10 % du chiffre d’affaires, il n’aurait pas fallu mettre à mal l’image de la firme. Finalement, une liste présentée comme complète des produits susceptibles d’avoir été contaminés a été publiée le 8 avril en France, alors qu’environ 150 malades avaient été décomptés, et l’usine belge fermée une semaine plus tard.

L’imposture remonte cependant à plus loin puisque, le 15 décembre, Ferrero avait déjà identifié des salmonelles dans son usine belge. Les dirigeants avaient alors affirmé avoir pris les mesures d’hygiène indispensables pour éliminer la bactérie. Ils ne pouvaient évidemment tenir que ce genre de discours rassurant pour les consommateurs... sachant qu’on était à dix jours des fêtes de Noël et de la déferlante de chocolat qui les accompagne !

Les entreprises alimentaires sont soumises, à juste titre, à des règles strictes d’hygiène dans le cycle de production. Des contrôles existent, bien évidemment, dont sont chargés des inspecteurs dépêchés par des organismes publics, mais en nombre insuffisant. De leur côté, les dirigeants de ces entreprises ont aussi l’obligation d’effectuer des contrôles, d’en rendre publics les résultats et d’assainir l’ensemble des installations. C’est en définitive ce que dit avoir fait Ferrero… en se hâtant lentement.

Marianne LAMIRAL