États-Unis : crise sanitaire permanente

20 Avril 2022

Après avoir brutalement chuté en 2020, l’espérance de vie de la population des États-Unis a reculé à nouveau en 2021. Depuis 2010 elle plafonne dans ce pays qui concentre le plus de richesses au monde.

Les décès par overdose d’opioïdes, des antidouleurs vendus en masse par l’industrie pharmaceutique sans tenir compte de l’accoutumance, ont pesé de plus en plus. En 2014, l’espérance de vie à la naissance a atteint son pic avec 78,9 ans, femmes et hommes confondus. Elle a oscillé autour de ce chiffre jusqu’à ce que le Covid fasse des ravages en 2020 et la ramène à 77 ans. L’absence d’assurance maladie, et donc d’accès aux soins, pour des dizaines de millions de travailleurs pauvres a eu un effet dévastateur. Les États-Unis déplorent un décès tous les 81 cas de Covid, contre un décès pour 187 cas en France.

Dans les 10 % de comtés les plus pauvres, la mortalité a été presque le double de celle observée dans les 10 % de comtés les plus riches. La différence ne se situe pas au niveau des taux de vaccination, assez proches, mais dans le taux d’habitants sans assurance maladie.

En 2021, alors que l’espérance de vie a progressé légèrement dans la plupart des pays développés, sans toutefois effacer l’important recul de 2020, aux États-Unis elle a de nouveau chuté de 0,4 an, atteignant 76,6 ans. Ce chiffre est en dessous de celui de l’an 2000. C’est l’indice d’une crise sanitaire qui, au-delà du Covid, est devenue permanente. La population paie les tares d’une société que les progrès de la science médicale sont impuissants à contrecarrer.

Lucien DÉTROIT