CNES – Toulouse : contre l’espace des financiers

20 Avril 2022

Jeudi 14 avril un tiers des 1 700 employés du Centre national d’études spatiales (CNES) de Toulouse était en grève.

Le mouvement, également suivi dans les bureaux de Paris et à la base spatiale de Kourou, en Guyane, en plus d’exiger des hausses de salaire décentes, contestait le Contrat d’objectifs et de performance imposé par le gouvernement.

Avec ce nouveau contrat, le CNES, service public qui chapeaute la recherche spatiale dans tous ses aspects et collabore à la plupart des réalisations concrètes en ce domaine, deviendrait un simple guichet versant des chèques à des entreprises privées. 1,5 milliard d’euros seraient ainsi détournés au détriment des travaux en cours ou prévus par le CNES.

Quels que soient la qualité ou l’intérêt des recherches ainsi financées, c’est le procédé qui est récusé par les travailleurs du CNES. En effet, si la recherche ainsi prévue ne donne rien, l’argent public est perdu. Mais si elle est couronnée de succès, la valeur de l’entreprise explose, ses promoteurs deviennent riches, puis tout, brevets et ingénieurs, est racheté par un grand groupe du secteur, échappant définitivement au domaine public. C’est de cette façon que, par exemple, les financiers et l’industrie pharmaceutique ont construit une fortune sur les vaccins contre le coronavirus.

Le contrat d’objectifs du CNES avait été annoncé par Macron et Castex il y a quelques mois. Au milieu de discours lyriques sur la conquête de l’espace, ils annonçaient crûment qu’il s’agissait « de développer de nouveaux segments de marché ». En fait, les sommes volées à la recherche spatiale vont servir à fabriquer quelques-uns de ces chevaux de course spéculatifs sur lesquels les financiers du monde entier aiment à parier.

Par leur grève, les travailleurs du CNES défendent leurs salaires et l’intérêt de leurs travaux. Ils s’opposent à la façon dont on dépense les deniers publics mais aussi à la profonde et dangereuse stupidité d’un système soumis aux choix des capitalistes.

Paul GALOIS