ArcelorMittal – Nord : les débrayages continuent

20 Avril 2022

Depuis le jeudi 7 avril, à l’initiative des militants de la CGT, des débrayages ont lieu sur chaque poste, dans les différents secteurs des deux usines d’ArcelorMittal à Dunkerque et Mardyck dans le Nord.

À l’origine du mécontentement il y a l’insuffisance de la prime cumulée, intéressement et participation, avancée par le patron. Celle-ci est de 3 000 euros brut, bien insuffisante d’autant plus que les profits du groupe ont atteint un record avec 13 milliards d’euros en 2021.

Cette prime est certes supérieure à celle des années précédentes, mais une très large majorité des travailleurs refuse de s’en contenter. De plus, la CGT demande une réouverture des négociations annuelles obligatoires car l’inflation ampute les salaires, ainsi que la trop faible augmentation de l’indemnité kilométrique, au moment où le prix de l’essence pèse de plus en plus sur le budget. Cette indemnité est de 16 ou 17 centimes du kilomètre pour les ouvriers alors qu’elle se situe entre 50 et 60 centimes pour les cadres et ingénieurs. Comme si le prix à la pompe était différent !

Après onze jours de débrayages la direction du groupe a annoncé qu’elle ne céderait pas. Elle met en avant le « contexte géopolitique incertain ». Mais elle oublie de préciser que la guerre en Ukraine a permis aux industriels de spéculer encore davantage sur le prix de l’acier, jusqu’à lui faire atteindre des sommets. De plus, les États annoncent des plans de réarmement et c’est une annonce de bonnes affaires pour les patrons de la sidérurgie.

Les débrayages qui continuent perturbent fortement la production mais, pour le moment, ArcelorMittal préfère tenir tête que de perdre la face. Les patrons ne craignent pas seulement de perdre de l’argent : ils craignent la contagion, la solidarité de l’ensemble des travailleurs et le fait que celle-ci puisse s’opposer à leur pouvoir.

Correspondant LO