La Redoute Quai 30 – Wattrelos : les travailleurs ne se laissent pas faire

13 Avril 2022

À Quai 30, l’usine d’expédition des colis de La Redoute, la direction a décidé de mettre fin aux mesures mises en place au moment de la pandémie.

L’usine n’a jamais cessé de tourner. Mais on est loin des applaudissements des cadres dirigeants sur les écrans de télévision intérieure pour féliciter les « héros du quotidien » de Quai 30 !

Lundi 28 mars au matin, les nouvelles mesures sont apparues si vexatoires qu’une pétition a été massivement signée en quelques heures pour les revendications suivantes : maintien des tables de pause dans les ateliers, contre les vestiaires obligatoires, que les portiques soient rouverts pour aller aux toilettes, suppression de la demande de « badges pipi » à la hiérarchie, et le droit d’utiliser son propre sac plastique transparent.

Cette dernière mesure est particulièrement choquante ! En effet la direction impose l’utilisation d’un sac en plastique transparent pour mettre ses affaires. Ainsi, les travailleurs qui font le travail le plus dur sont soupçonnés d’être des voleurs potentiels. La direction voulait même imposer son sac standard. De quoi exiger un « sac transparent » sur les profits qui ont explosé pendant la pandémie et que la direction cache dans ses comptes !

Pour aller porter la pétition dans la même matinée, un débrayage d’une trentaine de salariés a été organisé. Aucune réponse n’a été apportée sur le moment, mais les tables dans les ateliers sont restées, les vestiaires restent accessibles au volontariat et les sacs transparents personnels ont été admis. Reste à obtenir le libre accès aux toilettes !

L’équipe week-end d’après-midi a quant à elle montré qu’elle n’acceptait pas de se laisser démolir la santé. Dimanche 3 avril, 31 salariés sur 39 ont débrayé. Il n’était pas question d’accepter d’être envoyés plusieurs fois de suite aux postes les plus pénibles, comme le picking ou la mise en bac, pendant les trois jours de travail consécutifs.

Réunis en chantant devant le bureau du responsable d’exploitation, qui refusait de venir s’expliquer, les travailleurs l’ont obligé à sortir de sa tanière. Fanfaron, il prétendait avoir le droit de faire ce qu’il voulait. Sous la pluie des arguments qui fusaient de partout, il s’est soudain enfui. Il a été retrouvé et suivi jusqu’au poste des Retours par un cortège qui chantait toujours. La décision a été prise de suspendre ce débrayage réussi. Un vote a eu lieu pour demander des comptes au chef, le vendredi suivant, si son cinéma continuait.

Plus de la moitié des salariés, pour bien marquer le coup, ont décidé de repartir chez eux, pour terminer en beauté ce dimanche mouvementé. Finalement, vendredi 8 avril, les plannings étaient corrects. Et des intérimaires sont venus renforcer l’équipe.

La force des travailleurs, c’est bien la grève !

Correspondant LO