Famine en Afrique : capitalistes affameurs

13 Avril 2022

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO), l’explosion des prix alimentaires, et plus particulièrement ceux des céréales, va provoquer d’ici le mois de juin une famine touchant plus de 38 millions de personnes dans les pays du Sahel.

En dix ans, la situation n’a jamais été aussi dramatique dans cette partie de l’Afrique, qui est pourtant en permanence ravagée par la faim et la misère. Pour beaucoup, la flambée des prix des céréales signifie une condamnation à mort, car presque tout leur budget sert à acheter du pain, du riz ou du maïs.

Cette hausse des prix est une conséquence directe de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui figurent parmi les principaux pays exportateurs de blé dans le monde. Mais elle n’est pas due à la pénurie de blé car, dans ces deux pays les récoltes ont bien été engrangées l’été dernier et en sont ensuite sorties. Elle est due à la spéculation sur les céréales à laquelle se livrent actuellement les capitalistes. Dans un système basé sur le profit, les pires crimes sont permis, du moment qu’ils rapportent gros.

Cette flambée des prix a des conséquences d’autant plus catastrophiques pour les pays du Sahel qu’ils doivent acheter sur le marché mondial la plus grande partie des céréales, et plus généralement des produits alimentaires. Cette situation n’a rien de naturel, elle est imposée par la domination impérialiste depuis plus de 150 ans. Les paysans africains ont été contraints pendant la colonisation, principalement française au Sahel, à abandonner les cultures vivrières au profit de productions susceptibles d’être vendues sur le marché mondial. Ce sont par exemple les gouvernements de la France républicaine qui ont en leur temps obligé les paysans tchadiens à cultiver du coton pour les usines textiles des capitalistes de la métropole et les paysans sénégalais à produire de l’arachide pour le trust Lesieur, au détriment du blé, du sorgho, etc., pour leur alimentation. Aujourd’hui, il n’y a même plus besoin des contraintes d’un gouvernement colonial. Celles du marché mondial, dont les prix sont fixés dans les Bourses des pays riches, suffisent.

Si le capitalisme tue par la guerre, il tue aussi par la spéculation et la course au profit.

Arnaud LOUVET