Europe : l’inflation menace les classes populaires

13 Avril 2022

Début avril, les organismes officiels relevaient déjà une hausse des prix pour les douze derniers mois de 7,4 % pour toute la zone euro.

L’escalade générale des prix a commencé en fait dès 2021, bien avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. Ainsi, en septembre 2021, les industriels allemands parlaient d’une augmentation de 14,2 % de leurs coûts de production par rapport à l’année 2020. En Italie, en mars 2022, le taux d’inflation, selon les indices officiels qui, là comme partout, peuvent prendre une certaine liberté avec la réalité, se montait à 6,7 % sur un an. En Espagne, il se montait à 9,8 %, et en Allemagne à 7,6 %. Si pour la France il n’était « que » de 4,5 %, les prix étaient lancés dans une croissance rapide qui ne pourra que continuer, car l’essentiel des échanges se font au sein de la zone euro.

Aucun secteur de l’économie n’est épargné, l’agriculture pas plus que l’industrie, le bâtiment pas plus que l’industrie métallurgique ou chimique. On ne peut croire les prévisionnistes économiques qui, tels les mages du Moyen Âge, prédisent que tout devrait s’arranger en 2023. En fait, l’économie entre en dépression, les prévisions de mises à l’arrêt des usines, des chantiers, voire leur fermeture, se multiplient dans tous les secteurs. Le taux de rentabilité et les profits générés par l’exploitation, non seulement ne sont pas en chute libre mais ont allègrement augmenté pendant toute la dernière période. Cela signifie que la bourgeoisie fait payer à la classe ouvrière les frais de la situation à travers le blocage des salaires, voire leur baisse, et l’aggravation des conditions de travail.

La classe capitaliste européenne unifie ainsi le sort des travailleurs. Aucun indice sérieux de reprise n’est là, bien au contraire, et cette hausse des prix continue pourrait encore exploser dans l’avenir. Les capitalistes se préparent à y faire face en s’attaquant aux travailleurs et aux classes populaires, pour garantir sur leur dos la préservation de leurs profits. Face aux mêmes trusts, aux mêmes politiques gouvernementales, les travailleurs devront s’unir pour imposer leur droit à la vie.

Paul SOREL