AESH : contre la précarité et les bas salaires

13 Avril 2022

Mardi 5 avril, les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) étaient une nouvelle fois mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail et les répercussions sur les élèves handicapés.

Les AESH sont indispensables au fonctionnement des écoles, des collèges et des lycées, plus précisément aux élèves qu’elles (ce sont à 90 % des femmes) accompagnent et à qui elles permettent de suivre leur scolarité.

Et pourtant… Dix-sept ans après la promulgation de la loi de 2005 édictant le droit à la scolarisation pour tout jeune en situation de handicap, on est loin du compte. Des familles attendent des mois avant que leur enfant puisse être pris en charge et aidé dans la salle de classe. Et quand, à la rentrée 2021, les statistiques officielles dénombraient plus de 400 000 enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire, elles annonçaient dans le même temps, en s’en félicitant, l’existence de 125 000 postes d’AESH. Cela ne permet même pas un accompagnement à mi-temps !

Il faudrait embaucher. Au lieu de cela, le gouvernement a mis en place des PIAL, des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés, c’est-à-dire en langage clair des secteurs géographiques au sein desquels les AESH sont appelées à travailler dans plusieurs établissements scolaires et donc à se déplacer de l’un à l’autre ! Il faudrait recruter en nombre, former et payer convenablement ces professionnels essentiels à toute la collectivité, à toute la société. Eh bien non, il n’y a que contrats précaires, temps partiels, salaires minables.

Les AESH n’ont pas fini de faire entendre leur colère et elles ont raison. C’est le seul moyen pour inverser les valeurs, imposer des embauches, la fin de la précarité et des salaires décents pour les accompagnants d’élèves mais aussi pour tous les travailleurs de l’Éducation nationale.

Sophie GARGAN