Macron en campagne : tout flatteur vit aux dépens, etc.

06 Avril 2022

Macron a beau avoir donné toute satisfaction au grand patronat, il lui faut tout de même trouver des voix pour se faire réélire les 10 et 24 avril

Sa politique cinq ans durant, ses annonces violemment antipopulaires sur le recul de l’âge de départ en retraite et l’obligation de travail pour les allocataires du RSA ont certes assuré le président d’un bon socle de voix de droite. Mais il lui faut aussi en chercher sur sa gauche. Samedi 2 avril, à l’Arena La Défense à Paris, l’orateur n’a donc pas été économe de sa salive. On a ainsi appris que Macron ne se résoudra « jamais à ce qu’on puisse faire des économies sur les plus faibles ». C’est pourtant précisément ce qu’il a fait durant son mandat et ce qu’il promet de continuer à faire. Parlant du scandale des Ehpad, il a osé dire que « les vies des personnes âgées valent plus que les profits », alors que c’est l’État qui a organisé, facilité, financé et masqué cette pompe à finances sur le dos des anciens. Après avoir injurié les enseignants, bloqué leurs salaires, réduit leurs moyens et supprimé des postes, le candidat les a fait applaudir et les a même qualifiés d’artisans de la République.

Derrière cette accumulation de mensonges sans vergogne et de déclamations estampillées républicaines, sociales et laïques, il n’y a rien de concret. En matière de pouvoir d’achat, il a promis de relever jusqu’à 6 000 euros le plafond d’exonération de la « prime Macron »… à condition que les patrons veuillent bien la verser !

En fait, Macron n’a pu trouver dans son bilan que deux mesures étiquetées « de gauche », l’extension de la PMA et celle du congé paternité. Politiquement, il répète qu’il est le meilleur rempart contre l’extrême droite, comme il l’avait déjà dit en 2017, en promettant même de réduire son influence. Cinq ans ont passé et non seulement l’extrême droite a progressé électoralement, mais le gouvernement et bien des médias ont repris une partie de son discours. Macron et les siens ne sont pas une protection contre elle, ils lui pavent la route.

Cette comédie fonctionnera, ou pas, au premier ou au deuxième tour. Derrière ses postures et ses roucoulades, ses mensonges et ses envolées faisandées, il reste une certitude : Macron est un homme du grand patronat dont les travailleurs n’ont que des coups à attendre. Ils ont payé cinq ans durant pour le savoir.

Paul GALOIS