Jean-Pierre Mercier: "Vive le communisme, et vive la classe ouvrière !"

06 Avril 2022

[…] Le terrain déterminant sur lequel se joueront les affrontements futurs entre le patronat et la classe ouvrière, ce seront les grandes entreprises, principales citadelles du capitalisme. Et c’est en prenant les citadelles que l’on gagne les grandes batailles.

Bloquer une grande entreprise, c’est paralyser l’économie d’une ville ou d’une région entière, c’est instaurer un certain niveau de rapport de force. De ces grandes entreprises dépendent des dizaines de sous-traitants qui peuvent être gagnés par la grève.

Mais l’objectif des révolutionnaires n’est pas d’arrêter la production, c’est que les travailleurs dirigent eux-mêmes les usines et, au-delà, la société tout entière. Le jour où les travailleurs dirigeront cette société, elle arrêtera de marcher sur la tête !

Chez Toyota, Sanofi, aux Chantiers de l’Atlantique, à Airbus, Safran ou Dassault, quand on entraîne ses camarades dans la grève, c’est à la grande bourgeoisie que l’on s’affronte, au Medef, au CAC40, ceux qui dirigent la société dans son ensemble.

Quand la classe ouvrière renouera avec les luttes et avec la conscience de classe, il sera vital que, dans ces centres névralgiques du capitalisme, il y ait des communistes révolutionnaires qui auront su s’y implanter et y faire vivre leurs idées.

Il est interdit d’y faire de la politique, d’y diffuser des tracts ou d’organiser une réunion politique. C’est par peur de voir les idées de la lutte de classe s’implanter dans les ateliers et les bureaux que le patronat y interdit la politique. Mais il s’est toujours trouvé des militants ouvriers pour militer dans la classe ouvrière. Cette petite flamme ne s’est jamais éteinte et, même dans la période de recul que nous vivons, nous restons convaincus que cette petite flamme mettra un jour le feu à la plaine et embrasera le monde entier !

Sous la pression des luttes du mouvement ouvrier, le patronat a dû céder le droit pour les travailleurs de former des syndicats. Mais la bourgeoisie a réussi à les dévoyer, à les intégrer à tel point que les directions des grandes confédérations syndicales ont fini par devenir, ouvertement pour les unes, de façon dissimulée pour les autres, des instruments de défense de l’ordre social existant. Ces responsables syndicaux partagent avec le patronat la volonté affirmée d’empêcher les travailleurs de faire de la politique.

Lutter pour l’augmentation des salaires n’est pas contradictoire mais complémentaire avec le fait de lutter pour l’abolition du salariat et de la propriété privée. Karl Marx, dès 1848, l’a exprimé dans le Manifeste du Parti communiste : « Les communistes combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière, mais ils défendent et représentent en même temps l’avenir du mouvement », c’est-à-dire des perspectives révolutionnaires. Ce sont toujours des militants politiques qui ont créé et animé les syndicats, qu’ils soient anarchistes, socialistes ou communistes.

Même dans les périodes de recul du mouvement ouvrier organisé, de démoralisation des travailleurs comme aujourd’hui, il nous revient de garder nos idées bien vivantes. Et plus encore dans les périodes de remontée des luttes, où la présence de révolutionnaires sera décisive pour ne pas voir les combats des travailleurs menés dans une impasse.

Le rôle des militants communistes est de populariser et faire connaître cette idée fondamentale que les travailleurs ont la force de changer et diriger le monde. Cela commence aujourd’hui par apprendre à diriger leurs luttes et leurs organisations, pour que les grèves et les syndicats soient dirigés de bas en haut et non pas de haut en bas !

Les forces de la classe ouvrière sont intactes. Sans le monde du travail rien ne fonctionnerait ! Ce qui lui manque, c’est la confiance dans sa force collective. Il faut restaurer cette conscience et que, dans les luttes de demain, il y ait suffisamment de militants communistes, femmes et hommes, pour que ces luttes ne soient pas trahies et dévoyées comme elles l’ont été tant de fois par le passé.

La classe ouvrière a connu peu de victoires et beaucoup de défaites, mais cela n’entame en rien notre confiance : l’avenir lui appartient !

Vive le communisme, et vive la classe ouvrière !