Hôpital de la Timone – Marseille : le personnel de nuit contre les 12 heures

06 Avril 2022

Au bâtiment de Pédiatrie de l’hôpital de la Timone, à Marseille, depuis des mois le bruit court dans plusieurs services que la direction prépare le passage des équipes en horaires de 12 heures. Les équipes de nuit, dont les horaires de 10 heures sont déjà pénibles, y sont résolument opposées car cela bouleverserait leur vie et les épuiserait encore plus.

Les agents ont donc fait une pétition qui a récolté 120 signatures, et ils sont allés à vingt la remettre à la direction, accompagnés par la CGT, réaffirmant leur opposition aux 12 heures et réclamant une rencontre de tout le personnel de nuit avec la direction et les médecins de Pédiatrie. C’est à près de cent qu’ils se sont retrouvés à cette rencontre, devenue un véritable rassemblement. Certains d’entre eux sont revenus sur leurs repos, et beaucoup de femmes s’étaient organisées pour que leurs maris s’occupent des enfants plus tôt.

Auparavant, les agents avaient discuté entre eux et décidé tous ensemble de ne pas rentrer dans l’amphithéâtre si la direction refusait l’entrée aux délégués CGT, à qui ils avaient demandé de venir.

Ce rassemblement a été l’occasion de dire la fatigue en fin de nuit, qui fait risquer la faute et met le patient en danger. Avec les nuits de 10 heures, la fatigue est déjà telle lorsqu’on rentre le matin qu’il arrive à une puéricultrice de s’arrêter sur une aire d’autoroute pour dormir plutôt que de risquer l’accident. Comment alors travailler deux heures de plus ? Pour d’autres, ce travail de nuit en 10 heures est le seul horaire qui leur permet d’amener leurs enfants à l’école le matin et de les récupérer à la sortie.

Les représentants des médecins et de la direction n’ont fait que répéter que ce sont les agents de jour qui demandent les 12 heures. Les conditions de travail se sont tellement dégradées que la direction s’appuie sur l’épuisement et le manque d’effectif pour leur faire miroiter les horaires en 12 heures comme la solution à tous les problèmes.

Certaines puéricultrices et aides-puéricultrices de jour présentes ont ainsi dit qu’elles ne pouvaient plus travailler six jours d’affilée en horaires de 7 h 48, et que les 12 heures leur permettraient d’être plus souvent en repos et de faire des économies d’essence et de temps, en venant moins à l’hôpital. Mais le fond du problème est le manque de personnel. Criant avant le Covid, il est encore plus important deux ans après, et les démissions se multiplient.

Après le succès de sa mobilisation, le personnel de nuit a discuté de la suite en assemblée générale, conscient que sa détermination a impressionné la direction mais qu’elle va de toute façon tenter de faire passer ses projets service par service. C’est bien en restant soudés que les travailleurs pourront la contraindre à abandonner son projet d’imposer les 12 heures aux équipes de nuit.

Correspondant LO