Nathalie Arthaud : “Notre espoir va du côté des travailleurs”

30 Mars 2022

« Notre espoir va du côté des travailleurs russes, qui n’ont pas voulu cette guerre, qui n’y ont pas intérêt. Certains l’expriment avec énormément de courage. J’espère qu’ils trouveront la voie pour se retourner contre Poutine et pour parler avec leurs frères ukrainiens. »

C’est ce que Nathalie Arthaud répond aux journalistes qui lui demandent ce qu’elle pense de la guerre, voire si elle approuve l’envoi d’armes à l’Ukraine. En effet, avec le début de la campagne électorale officielle, les médias sont obligés de lui donner un peu plus la parole. C’est l’occasion de souligner l’urgence de la situation : la guerre en Ukraine a déjà des conséquences graves, d’abord sur la population ukrainienne, victime directe de l’invasion militaire, mais aussi sur la population russe, muselée par le régime, et sur des centaines de millions de personnes dans le monde, frappées par la hausse des prix.

Il faut en effet faire le lien entre la guerre en Ukraine et la situation des classes populaires en France, en particulier du fait de l’inflation due à la spéculation des trusts de l’énergie, de l’agro-alimentaire et d’autres secteurs. La hausse des salaires et leur indexation sur l’évolution des prix en temps réel devient encore plus urgente. « Le prochain président va utiliser cette guerre comme un prétexte pour nous imposer de nouveaux sacrifices », alors il faut se préparer à riposter.

Nathalie a tenu deux meetings, à Rennes le 25 mars et à Saint-Nazaire le 26, suivis de débats, et aussi rencontré des étudiants de Sciences Po Rennes. Face à cette guerre épouvantable, c’est l’inquiétude, et parfois un sentiment d’impuissance. Faut-il manifester en solidarité avec les Ukrainiens ? Que peut-on faire concrètement pour les aider ? « Je comprends le désarroi de ceux qui voudraient faire quelque chose. Les gestes de solidarité de la population font chaud au cœur et témoignent d’une volonté d’aider dénuée d’arrière-pensées et de calculs », a dit Nathalie.

Mais ce n’est pas le cas du gouvernement français, qui instrumentalise ces sentiments, ni des va-t-en-guerre qui appellent à envoyer des armes en Ukraine. La seule porte de sortie par le haut serait que les peuples parviennent à s’entendre par-dessus la tête de leurs dirigeants. À ceux qui nous disent « Vous êtes utopistes », il faut rappeler que cela s’est fait ! « Il y a vraiment eu une révolution qui a arrêté la guerre sur le front en 1917 ! » Aujourd’hui, on ne peut certes pas arrêter la guerre du jour au lendemain, mais on peut exprimer cette perspective, qui comptera dans l’avenir.

Affirmer la nécessité de défendre nos intérêts vitaux au quotidien et contester l’ordre capitaliste dans son ensemble, ce sont deux perspectives indissociables l’une de l’autre, que Nathalie Arthaud porte dans cette élection. « Même si on ne se sent pas capable de se battre tout de suite, on peut faire quelque chose de simple : voter pour affirmer que les intérêts des travailleurs doivent passer avant les profits et les dividendes, et pour dire qu’il faut changer ce monde ! »