Contre l’inflation : indexation des salaires sur les prix !

30 Mars 2022

L’une des prévisions de la Banque de France pour 2022 revoit la croissance à la baisse et l’inflation à la hausse, jusqu’à 4,4 % pour l’année.

Pour les classes populaires, l’inflation n’est pas un pourcentage abstrait, elle est une réalité qui imprègne la vie quotidienne : il faut supprimer les petits plaisirs, les déplacements en voiture, à part pour se rendre au travail, rogner sur le chauffage et même sur les courses alimentaires. Les conséquences sont d’ores et déjà douloureuses, voire catastrophiques pour les plus précaires.

Cette inflation n’a pourtant rien d’un mécanisme naturel. C’est la spéculation et les pénuries organisées par les grands groupes capitalistes en situation de monopole, comme les compagnies pétrolières, qui sont responsables de cette explosion des prix, encore aggravée par la guerre en Ukraine. C’est un des mécanismes par lesquels la classe capitaliste augmente ses profits, en réduisant la part de richesses qui revient aux travailleurs.

Contre la vie chère, certains candidats évoquent le gel, voire le blocage, si ce n’est de tous les prix, du moins de certains, comme le carburant ou des produits de première nécessité. « Si vous votez pour moi, dans deux mois, tous les prix de première nécessité seront bloqués », a ainsi affirmé Mélenchon lors d’un meeting le 13 mars. Mais cette solution n’en est pas une : en bloquant le prix de certains produits, et pas d’autres, on ne résout pas le problème d’une paie, d’une pension de retraite ou d’une allocation qui restent insuffisantes pour aller au bout du mois.

Et puis, qui subirait les conséquences de ces mesures de blocage des prix sinon peut-être d’autres travailleurs ?

En réalité, contre la vie chère, les travailleurs n’ont que leurs salaires et ce qui en découle, retraites et pensions. Les primes, exonérations diverses, aides multiples tendent à les diviser entre ceux qui y ont droit et ceux qui passent à côté. La lutte pour l’augmentation des salaires et leur indexation sur les prix, au contraire, peut les rassembler et les unifier, face au patronat et à l’État.

Aline RETESSE