Les ouvriers ramassent les poulets et le patron les sous !

23 Mars 2022

« J’ai travaillé un mois pour une entreprise spécialisée dans le ramassage de volaille et je veux témoigner des conditions de travail dignes du Moyen Âge.

La plupart du temps, le travail se fait de nuit. Nous nous rendons sur des exploitations qui sont parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres de là où nous habitons. L’entreprise considère qu’elle n’a pas à nous payer le temps de transport puisqu’elle nous emmène par minibus jusqu’au chantier. Sur place, le travail est dur. Nous sommes une équipe de neuf, et nous devons courir, pliés en deux à se casser le dos, pour ramasser le plus rapidement possible des milliers de poulets puis les mettre dans des boites pour qu’ils soient envoyés à l’abattoir. Nous pouvons ramasser jusqu’à 30 000 poulets en 45 minutes.

La paie, elle, a été misérable. Avec un chantier de 45 minutes par jour, j’ai difficilement cumulé 15 heures de travail dans le mois et me suis retrouvé avec 150 euros sur la fiche de paie. C’est la situation pour les collègues comme moi qui ne faisons que des missions temporaires. Mais pour ceux qui font ce travail de manière permanente et que l’entreprise envoie sur plusieurs chantiers par jour, ils arrivent difficilement à 800 euros en faisant des journées (et des nuits) interminables.

L’entreprise profite de la situation de grande précarité de travailleurs qui sont aux minima sociaux ou en attente de renouvellement de titres de séjour pour imposer ces conditions de travail révoltantes et ces payes de misère. »

Un ouvrier du poulet qui n’est pas un pigeon !