Dassault Aviation : “pas de pognon, pas d’avion”

23 Mars 2022

Espérant mettre fin au mouvement de grève partielle touchant la plupart des sites de production de Dassault Aviation depuis plus de trois mois, le PDG avait lâché un tout petit peu de lest sur les salaires, accordant 140 euros brut.

Afin de démontrer qui était le patron, Trappier présentait cette proposition d’augmentation de salaire comme étant à prendre ou à laisser, faute de quoi il reviendrait à ses propositions initiales, qui étaient inférieures. Eh bien, sur l’ensemble des sites de production, les travailleurs n’ont pas cédé à ce chantage ; ils n’avaient d’ailleurs pas grand-chose à perdre tant la proposition du PDG était dérisoire.

Lorsque les travailleurs constatent la différence entre l’inflation galopante qui s’installe et les salaires qui stagnent, c’est à chaque fois un peu plus de colère qui s’accumule. Et lorsqu’ils voient que les dividendes versés aux actionnaires ont doublé, ils n’ont absolument pas envie de se déboutonner face à l’arrogance du clan Dassault. Premier bénéficiaire de la guerre en Ukraine avec les entreprises Dassault Aviation et Thales, il mène également la guerre sur les salaires, au nom du patronat dont il est, avec Trappier à sa tête, le chef de file dans la métallurgie.

Les travailleurs ont toutes les raisons de continuer à se battre pour 200 euros net au bas de la feuille de paie, certains en réclament même 300. De leur côté, les syndicats CGT et CFDT accompagnent ceux qui sont déterminés à ne pas lâcher l’affaire : « Pas de pognon, pas d’avion » scandent-ils souvent. Une menace qui a toute sa légitimité.

Correspondant LO