1999 : l’OTAN bombarde Belgrade

23 Mars 2022

Au début de la guerre en Ukraine, les médias ont répété en boucle qu’il s’agissait de la première guerre en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et que l’OTAN était un instrument de paix.

Pourtant, le 24 mars 1999, ce furent bien des avions de l’OTAN qui commencèrent à bombarder la Serbie, le Monténégro et le Kosovo, ce qui restait alors de la fédération yougoslave dont l’éclatement avait commencé neuf ans auparavant. Ces bombardements durèrent soixante-dix-huit jours. Des centaines de civils furent tués, des centaines de milliers durent fuir les bombes et se réfugier dans les pays limitrophes. Les dégâts matériels furent considérables en Serbie, et d’abord à Belgrade. Des bâtiments officiels, des ponts, des centrales électriques, des usines furent détruits.

L’OTAN justifia ces bombardements par la nécessité de protéger les populations de la « purification ethnique » organisée par le régime de Milosevic au Kosovo, une des provinces de l’ex-Yougoslavie située au nord de l’Albanie. Des exactions, le régime de Milosevic en avait commises pourtant durant des années. Depuis 1987, il s’appuyait sur le nationalisme serbe pour affirmer son pouvoir, notamment au détriment de la population albanophone. Se faisant le défenseur d’une Grande-Serbie, il ne cessa d’attiser les antagonismes nationaux. Le peuple yougoslave, qui durant des décennies avait pourtant vécu dans un même ensemble, fut ainsi entraîné dans la guerre par cette surenchère nationaliste, partagée par d’autres dirigeants animés de la même soif de pouvoir que le dirigeant serbe.

Les dirigeants des pays impérialistes, américain et européens, ne trouvèrent alors rien à redire à ses agissements criminels qui ouvraient la voie à l’épuration ethnique. S’ils changèrent d’avis, ce ne fut pas dans l’intérêt des populations. Leur seul objectif était de s’asssurer qu’ils pourraient continuer à contrôler cette région des Balkans. La prétendue intervention humanitaire de l’OTAN apporta de l’eau au moulin des nationalistes et paramilitaires soutiens de Milosevic. Pour faire oublier leur responsabilité dans les guerres, les dirigeants impérialistes servent toujours les mêmes mensonges.

Aline RETESSE