Temps de parole : démocratie sauce bourgeoise

16 Mars 2022

La décision récente de TF1 de ne convier que huit candidats sur douze à son émission du 14 mars « Les candidats face à la guerre » n’est pas un cas isolé de « différence de traitement » suivant les candidats.

On sait que les médias audiovisuels sont censés appliquer une « équité du temps de parole » aux différents candidats. Étrange « traitement équitable » qui, entre le 1er janvier et le 27 février, aura valu 6 heures et 4 minutes devant les caméras ou au micro des radios à Nathalie Arthaud, contre plus de 128 heures au « non candidat » Macron ou à ses soutiens, plus de 102 heures au camp Zemmour et même plus de 151 heures à Pécresse.

C’est que, l’« équité », ça se mérite ! Elle est même affublée d’une série de critères, parfois contradictoires. Ils aboutissent, comme toutes les règles de ce qu’on appelle pompeusement « la vie démocratique » à favoriser l’hégémonie des politiciens institutionnels de la bourgeoisie. Le premier de ces critères est le « poids électoral » de la formation politique ou du candidat-lui-même aux élections précédentes. Mais comme cela pourrait se retourner contre des politiciens comme Macron lui-même, dont le parti En Marche ! n’existait pas avant l’élection de 2017 et n’avait donc aucun résultat électoral à faire valoir, un autre critère concerne la « dynamique de campagne » ou sa « visibilité », dont l’appréciation est laissée à chaque chaîne audiovisuelle… dont les décisions conditionnent tout de même pas mal la visibilité en question !

Comme l’a souligné notre candidate dans un tweet : « pour être candidat, il faut passer l’obstacle des 500 parrainages. Mais pour participer au débat présidentiel sur TF1, il faut en plus passer l’obstacle de Bouygues. C’est comme dans les entreprises : c’est le patron qui décide. »

Nadia CANTALE