Jean-Pierre Mercier : “Les travailleurs n’ont pas à payer pour la guerre en Ukraine”

16 Mars 2022

Samedi 2 mars, Jean-Pierre Mercier est intervenu à l’ouverture de la fête de Lutte ouvrière de Grand-Charmont, près de Montbéliard, devant 140 personnes, beaucoup travaillant dans les industries de la région.

Une intervention poignante a prolongé la dénonciation de la guerre en Ukraine et du piège nationaliste que venait de faire notre camarade : « Je suis né en France, de parents yougoslaves, qui ont toujours tenu à se dire Yougoslaves et jamais Serbes, Croates, Slovènes, Macédonien, etc. », a développé un travailleur, délégué CFDT et du parti d’Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud. » Après une vibrante défense de l’internationalisme, l’intervenant rappelait sa solidarité avec les réfugiés, tous les réfugiés, en concluant que ce serait peut-être nous qui, bientôt, serions contraints à l’exil.

Un camarade du NPA a affirmé son accord avec Lutte ouvrière sur la guerre en Ukraine, mais a tenu à dire que les Ukrainiens devaient s’armer et résister. La question est pourtant : « Qui donne des armes ? À qui ? Et qui commande ? On donne des armes au régiment Azov rempli de néo-nazis ? », a répliqué Jean-Pierre Mercier, ajoutant : « Ce qui manque d’abord aux travailleurs d’Ukraine, de Russie et d’ici, ce sont des armes politiques qui n’en fassent pas de la chair à canon pour leurs ennemis de classe. »

Mais la guerre a suscité une interrogation d’un autre ordre de la part d’un camarade militant CGT : un contrat d’Alstom vers l’Ukraine allant être interrompu, il s’inquiétait des conséquences pour les travailleurs, alors que ceux-ci n’ont nullement à payer pour les aléas et les crises dont ils ne sont pas responsables. Mais il demandait aussi s’il ne faudrait pas s’unir derrière Jean-Luc Mélenchon pour un vote utile. Un participant plus ancien lui a rappelé que la gauche au gouvernement l’avait envoyé en Algérie faire la guerre. « Si encore ça s’appelait "Le travailleur insoumis", mais même pas, c’est La France insoumise », constatait ce camarade, envoyé autrefois par la France pour soumettre les Algériens . Le vote pour Mélenchon ne pourrait être qu’un piège électoral de plus.

C’est une vibrante Internationale qui a clos le débat.