Carburants : Castex pour Total, casse-tête pour les autres16/03/20222022Journal/medias/journalarticle/images/2022/03/P3_Le_plein_actionnaire_Total_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C72%2C900%2C578_crop_detail.jpg

Leur société

Carburants : Castex pour Total, casse-tête pour les autres

Devant l’envolée des prix des carburants, concomitante de celle des profits des compagnies pétrolières, chacun réagit selon sa position sociale.

Illustration - Castex pour Total, casse-tête pour les autres

Les salariés contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre au travail serrent les dents pour l’instant en regardant la hausse des prix ronger leur niveau de vie. Ceux qui se déplacent toute la journée, aides à domicile, infirmières libérales, ou qui doivent faire beaucoup de kilomètres pour peu d’heures de travail, font leurs comptes : il y a un moment où on ne travaille plus que pour payer le gasoil.

Les petits patrons de la pêche, du bâtiment, du transport affirment que leurs marges sont rongées, voire qu’ils travaillent à perte. Certains ont commencé à bloquer des dépôts de carburants en Bretagne pour exiger une baisse des prix.

Les patrons des compagnies pétrolières, à commencer par Total, dont les bénéfices avaient déjà explosé l’an passé, profitent de la tension sur les prix, voire la créent, pour engranger des surprofits spéculatifs. Des pétroliers remplis jusqu’à la gueule d’or noir payé au prix de l’année dernière attendent sur les mers de savoir quel port prendra leur cargaison au prix de l’année prochaine ! Total, BP, Exxon et les autres font ainsi tout ce qu’il faut pour faire grimper la note.

Leurs collègues des grandes industries consommatrices d’énergie savent sonner aux bonnes portes pour que l’État ou les collectivités locales les aident à payer leurs factures de carburant, de gaz ou de courant. À la population, le Premier ministre Castex promet une remise de 15 centimes du litre à partir du 1er avril, directement déduite à la pompe et remboursée par l’État aux commerçants. Il demande de plus aux pétroliers de bien vouloir faire un effort, voire à Total de reverser une partie de ses bénéfices, sans réponse claire pour l’instant. En effet, l’État ne peut pas se contenter de baisser les taxes, car cela ne changerait rien pour ceux qui en sont exemptés en grande partie, routiers et patrons pêcheurs par exemple, et qui sont malgré tout étranglés par la hausse. Castex , inimitable, n’en déclare pas moins : « 15 centimes offerts par l’État et cinq par les pétroliers, cela fait 20 centimes dans la poche des Français. » Et il ose se vanter d’un geste aussi dérisoire !

Le représentant de l’Union des industries pétrolières a commenté d’un sobre « c’est normal que tout le monde s’y mette », sans donner ni date ni chiffre ni quoi que ce soit d’autre que des certitudes de généreux dividendes aux actionnaires. L’expropriation sans indemnité ni rachat, c’est bien tout ce que ces gens-là méritent.

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