Zemmour : made in Bolloré

26 Janvier 2022

Zemmour, d’habitude gonflé de sa propre importance comme le coq de basse-cour sur son tas de fumier, s’est pour une fois répandu en courbettes.

Et de s’incliner devant un « grand patriote, ayant un sentiment très noble de sa mission », avec lequel il a eu l’occasion de converser.

Le candidat rendait ainsi hommage à son saint patron, Vincent Bolloré. C’est en effet ce milliardaire qui a lancé Zemmour sur ses chaînes de télévision, lui assurant son heure d’antenne quotidienne des années durant. Ce sont ses chaînes et ses journaux qui font la promotion du candidat d’extrême droite et ressassent ses thèmes de campagne, la haine des musulmans, le mépris des femmes, le knout pour les travailleurs, les douceurs pour les capitalistes. Par ses déclarations, Zemmour lèche servilement la main qui le nourrit.

« En effet, M. Zemmour a travaillé pour moi », laisse tomber dédaigneusement Bolloré, peu sensible aux flatteries du petit personnel. Mais, ajoute le milliardaire, « on ne savait pas à ce moment-là qu’il serait président de la République ». Bolloré croit donc dur comme fer aux chances de sa créature. C’est tout le talent d’un puissant éleveur que de déceler les poulains prometteurs, de les nourrir, de les montrer au manège, puis d’en choisir un pour le champ de courses et, puissance médiatique, financière et sociale aidant, de viser la première place.

Quel que soit le résultat final de l’élection, la campagne de Zemmour peut toujours servir comme élément de division entre les travailleurs, et fournit une occasion quotidienne de répandre les idées réactionnaires, le brouillard obscurantiste, les préjugés les plus néfastes. On aurait cependant tort de traiter Zemmour de larbin du grand capital. Il n’est encore, pour l’instant, que celui de Bolloré. Mais c’est comme ça qu’on apprend.

Paul GALOIS