Michelin : débrayages pour les salaires À Clermont-Ferrand

26 Janvier 2022

Mardi 18 et mercredi 19 janvier avaient lieu les réunions annuelles sur les salaires 2022 pour Michelin France.

Elles ont abouti à l’annonce d’une augmentation générale de 2 % pour les ouvriers même pas au niveau de l’inflation officielle de 2,3 % en 2021 !

Cela représente 30 euros net pour un salaire de 1 500 euros, à peine de quoi compenser la hausse du gazole en un an, donc rien pour payer la hausse des prix de l’électricité, du gaz, des fruits et légumes, des pâtes, etc.

Les autres catégories, qui n’avaient eu aucune augmentation en 2021, pas plus que les années précédentes, devraient cette année encore se contenter d’augmentations individuelles, par définition incertaines, se montant à 1,9 % en moyenne et pouvant donc être nulles pour certains.

Il y a de quoi agacer une partie des travailleurs, d’autant plus que les analystes boursiers anticipent les annonces des résultats de Michelin pour 2021, avec une prévision de 1,9 milliard d’euros de bénéfice net. Elle dépasse le résultat record de 2019, avec un chiffre d’affaires inférieur en raison des suites de la crise sanitaire. L’effectif du groupe dans le monde étant d’environ 124 000 salariés, cela représente plus de 15 000 euros par travailleur.

Dans plusieurs villes, des débrayages ont eu lieu durant la semaine.

À l’usine des Gravanches, vendredi 21 janvier, dans l’équipe du matin, une partie des ouvriers en fabrication ont décidé d’arrêter les machines. Après s’être réunis au réfectoire, ils ont décidé de faire le tour de l’usine, entraînant plusieurs autres travailleurs avec eux, ce qui ne s’était pas fait depuis plusieurs années. Certains ont attendu l’arrivée de l’équipe suivante devant le tourniquet. Informées par téléphone ou à leur arrivée à l’usine, une partie des équipes du soir et de nuit ont fait grève.

Après le mécontentement déjà exprimé par les arrêts de travail des 19 et 20 décembre, les travailleurs de cette usine commencent à relever la tête. La journée de grève et de protestation sur les salaires du jeudi 27 janvier, à l’appel des syndicats, devait être encore une occasion d’en convaincre d’autres.

Correspondant LO