La SFDM nationalisée : un bon tuyau ?

26 Janvier 2022

Par décret publié le 19 janvier au Journal officiel, l’État a nationalisé la SFDM, c’est-à-dire l’appontement pétrolier du port de Donges en Loire-Atlantique, l’oléoduc de 640 km qui en part en direction de Metz, quatre sites de stockage et 140 salariés qui n’ont certainement pas eu voix au chapître.

Pour tout cela, le groupe Bolloré, actionnaire à 95 % de SFDM, reçoit 33 millions d’euros. Le décret ne précise pas les raisons de cette nationalisation avec indemnité, de ce rachat par l’État d’une entreprise privée. Le groupe Bolloré n’a pas non plus communiqué sur cette transaction. On en est donc réduit aux hypothèses, dont la plus plausible est que l’entreprise n’est plus assez rentable. Le pipeline ayant été construit en 1956 par l’armée américaine pour ravitailler ses bases en Europe, on peut même supposer qu’il a ou aura bientôt besoin de réparations coûteuses. Le nationaliser maintenant serait donc une fleur faite au groupe Bolloré, puisqu’il incombe désormais à l’État de faire les travaux ou de démonter l’installation.

Privatiser les entreprises profitables, comme les autoroutes, racheter celles qui ne le sont pas, comme la SFDM, c’est le b-a ba de la politique économique bourgeoise depuis Colbert jusqu’à Le Maire

Paul GALOIS