Héritage : de la cabane au palais26/01/20222022Journal/medias/journalnumero/images/2022/01/2791.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Héritage : de la cabane au palais

L’héritage et la question des droits de succession se sont invités dans la campagne électorale. Les candidats de droite multiplient les déclarations sur ce « cœur de la culture française », selon Pécresse.

Elle veut en finir avec leur taxation dans 95 % des cas, car c’est « le fruit d’une vie de travail qui a été taxé, hypertaxé et retaxé ».

Son acolyte Éric ­Ciotti a dit, lors de la primaire à droite, qu’il voulait supprimer complètement cette taxation. Marine Le Pen en réclame aussi la suppression lors de la transmission de patrimoine jusqu’à 300 000 euros, Zemmour également, s’il s’agit d’une entreprise familiale. Les mêmes revendiquent, pour les parents, la possibilité de donner plus souvent 100 000, 200 000 euros, voire plus, aux enfants, petits-enfants, ou autres membres de la famille.

Ces candidats s’adressent à leur vivier électoral habituel : cadres, couches aisées de la population, et tentent aussi de drainer les suffrages d’une population moins aisée, inquiète à l’idée de voir son appartement ou son petit pavillon de banlieue échapper à ses héritiers faute, pour eux, de pouvoir acquitter les taxes.

Mais quel rapport entre ceux-là et les vrais héritiers ? 40 % de la population n’hérite de rien, une succession sur deux est inférieure à 30 000 euros selon l’Insee et, en haut de l’échelle sociale, un héritier sur mille recevra en moyenne 13 millions d’euros. Les enfants de grandes familles habituées des exonérations et autres avantages fiscaux ont vu leur patrimoine global grossir au fil des années grâce aux héritages : il provient à 60 % des successions, un doublement en cinquante ans, selon le Conseil d’analyse économique.

C’est sans doute le fruit d’une vie de travail, pas la leur, celle des exploités.

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