Crise sanitaire : pour le gouvernement, tout va de mieux en mieux…

26 Janvier 2022

À quelques jours d’intervalle, le gouvernement a annoncé à la fois l’entrée en vigueur du passe vaccinal, justifié par la nouvelle vague épidémique, et un calendrier de levée des autres restrictions, sous prétexte que la fin de cette vague serait en vue.

En réalité, les décisions gouvernementales ne sont pas seulement motivées par la situation sanitaire. Macron préférerait pouvoir annoncer dans les prochaines semaines sa candidature dans un contexte apaisé de fin d’épidémie. Mais voilà, le nombre de contaminations continue de battre des records : plus de 300 000 sont détectées chaque jour depuis le 17 janvier, ce qui fait de la France, avec le Danemark, la championne d’Europe du nombre de nouveaux cas par habitant. D’ailleurs, si les admissions en soins intensifs ont commencé à diminuer, ce n’est pas le cas du nombre de malades du Covid admis à l’hôpital.

Quant au passe vaccinal, il sert à désigner les non-vaccinés comme boucs émissaires et à masquer la responsabilité du gouvernement. Il n’apportera rien à la lutte contre l’épidémie, puisqu’une très grande part de la population est déjà vaccinée et que le vaccin protège peu contre la propagation du variant Omicron. Il ne convaincra pas non plus les centaines de milliers de personnes âgées qui ne sont pas encore vaccinées. Pour cela, il faudrait mener une véritable politique de santé publique, mettre le vaccin à leur portée, en y consacrant les moyens humains et matériels nécessaires. De même qu’il en faudrait dans les hôpitaux, où la situation est toujours aussi catastrophique, et dans les écoles, où le nombre de fermetures de classes atteint des records.

La prolongation de la crise sanitaire montre qu’aucune catastrophe ne fera changer la politique de dirigeants, qui réservent l’essentiel des dépenses publiques à garantir les profits des grandes entreprises et les fortunes de la bourgeoisie.

Sacha Kami