Union européenne : des dirigeants toujours plus réactionnaires

19 Janvier 2022

L’élection à la tête du Parlement européen, mardi 18 janvier, de la députée maltaise Roberta Metsola, du groupe de droite du Parti populaire européen (PPE), a suscité une certaine gêne.

Opposée au droit à l’avortement et à la contraception, elle est loin de présenter l’image d’une Europe modèle de démocratie et de progrès.

En France, le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, s’est senti obligé de déclarer : « Je vous le dis très sincèrement, le symbole de son élection me gêne. » Cela n’a tout de même pas empêché les députés macronistes au Parlement européen, membre du groupe des libéraux Renaissance, et les socialistes d’apporter leur voix à Metsola. En effet, à l’issue des élections de 2019, ces trois groupes avaient conclu un accord prévoyant notamment qu’un socialiste occuperait la présidence du Parlement pendant la première moitié du mandat et qu’un conservateur lui succéderait à partir de janvier 2022.

L’élection de Metsola est en effet symbolique de cette Europe qui, malgré les prétentions de ses dirigeants, n’a jamais été capable de faire progresser les droits de femmes. À Malte, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004, les femmes n’ont toujours pas le droit d’avorter. En Pologne, le gouvernement de droite réactionnaire a pu faire adopter en 2020 une législation remettant en cause presque totalement le droit à l’IVG. Macron et ses homologues prétendent représenter un modèle social européen alors qu’ils n’ont jamais été capables de mettre en place une législation unifiant les droits des travailleurs, ni même un salaire minimum européen. Leurs discours hypocrites sur la défense des libertés démocratiques masquent une réalité particulièrement révoltante : les morts, dans la Méditerranée et la Manche, de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants que l’UE refuse d’accueillir, la négation généralisée du droit d’asile s’accompagnant de la multiplication de centres de rétention pour migrants…

L’Union européenne n’a jamais été autre chose qu’une coalition d’intérêts entre bourgeoisies et classes possédantes soucieuses avant tout de favoriser les profits des grands groupes capitalistes. L’élection d’une politicienne aussi réactionnaire que Metsola à la tête d’une des principales institutions de l’UE illustre à sa façon l’incapacité de l’Europe capitaliste en crise de promouvoir le moindre progrès, dans quelque domaine que ce soit.

Marc RÉMY