Pécresse à Samos : elle a choisi son camp

19 Janvier 2022

Valérie Pécresse, en voyage éclair en Grèce, a fait l’éloge des réformes « extrêmement courageuses » réalisées en matière d’immigration par le gouvernement de Mitsotakis, qui compte des ministres d’extrême droite.

Visitant le camp de rétention de l’île de Samos, financé par les fonds européens, elle y a vu un modèle. D’une capacité de 3 000 places, comptant 240 bungalows, plusieurs grands bâtiments, des équipements sanitaires et médicaux, il est le type même du centre de haute sécurité, certes propre pour le moment, mais dont on ne s’évade pas, et pas seulement parce qu’il est situé dans un lieu écarté de l’île. Cerné de plusieurs clôtures de barbelés, avec chemin de ronde, miradors, portique de sécurité fonctionnant avec badge et contrôle digital, il est doté de caméras thermiques, de drones, surveillé par des agents équipés de lunettes spéciales, et connecté à une base de contrôle à Athènes. On peut en sortir la journée, mais à condition d’en avoir l’autorisation, accordée seulement aux réfugiés en parcours d’asile, c’est-à-dire à très peu.

Après avoir vécu la saleté et l’horreur de camps, de lieux de tortures et d’agressions, après avoir risqué la mort au long d’un trajet de plusieurs mois voire d’années, les migrants retrouvent là un autre enfermement, aseptisé, capable de renouveler leurs traumatismes comme l’ont dénoncé Médecins sans frontières et bien d’autres ONG qui font état de problèmes de santé mentale.

Voilà le modèle de centres de rétention que souhaitent les gouvernements de l’Union européenne qui ont pris pour geôlier chef le gouvernement grec. Pécresse n’échappe pas à la règle. Une dizaine de manifestants somaliens ont protesté à son passage, contre ce « Guantanamo » où on les parque.

Mais pour Pécresse, pas de problème. Ce camp est pour elle un exemple de la politique « d’humanité » et de « fermeté » indispensable pour éviter une « Europe passoire ». Pour rallier les suffrages d’extrême droite, rien ne l’arrête.

Sylvie MARÉCHAL