Selon que vous serez…

12 Janvier 2022

Le 5 janvier, le jour où la justice affirmait clairement la responsabilité de Sanofi dans la survenue de malformations liées à la Dépakine, la direction du Centre de production de Sanofi de Vitry-sur-Seine annonçait le licenciement de deux ouvriers pour manquement aux « bonnes pratiques de fabrication. »

L’un d’eux était en contrat à durée déterminée. L’autre travaillait à l’usine de Vitry depuis plus de trente-trois ans. En raison de son état de santé dépressif, il avait réclamé à ne plus travailler en 5x8 et informé que le travail qu’on lui demandait était au-dessus de ses possibilités. À ses collègues venus dénoncer auprès de la direction les conséquences et les risques tant matériels que moraux de ce licenciement, celle-ci a proposé de lui transmettre un numéro Vert d’aide aux déprimés, tout en s’attribuant une attitude bienveillante puisqu’elle avait motivé le licenciement par une faute simple !

Le jour même où la justice dénonçait la responsabilité de Sanofi dans l’affaire de la Dépakine, le laboratoire faisait appel. Ses armées d’avocats et d’experts sont déjà au travail pour faire reculer la condamnation voire amnistier le groupe de toute responsabilité vis-à-vis des milliers de femmes qui ont continué à prendre ce médicament alors qu’on savait les graves risques encourus.

Les deux travailleurs licenciés, eux, n’ont droit ni à une armée d’avocats et d’experts ni à un juge d’instruction ni même simplement à une cour d’appel. De fait, ils sont les victimes de la politique de la direction qui fait que toutes les équipes de l’usine sont en sous-effectif, qu’elles n’ont ni les moyens humains ni les moyens matériels pour respecter les règles et autres « bonnes pratiques de fabrication », des règles que la maîtrise elle-même contourne bien souvent parce qu’il faut que « le produit sorte. »

Pour casser le jugement de la direction, pour faire appel de ces licenciements, il faudra compter sur la mobilisation, les débrayages, la grève des travailleurs de Sanofi pour imposer la réintégration.

Correspondant LO.