Rentrée scolaire : grand bazar et pas de moyens

12 Janvier 2022

Les syndicats enseignants et lycéens ainsi que les associations de parents d’élèves appelaient à la grève le 13 janvier, pour dénoncer la situation intenable dans les établissements scolaires lors de la rentrée.

Parents désorientés, obligés de venir chercher leurs enfants parfois en pleine journée et d’attendre des heures devant les pharmacies elles-mêmes débordées ; 75 000 enfants et 3 000 adultes en isolement ; directeurs d’école tenus de vérifier des dizaines d’attestations prouvant que l’enfant peut revenir en classe ; enseignants qui doivent faire cours devant des classes clairsemées, et répondre aux interrogations des familles et des élèves ; personnel de ménage obligé de faire le travail des collègues malades ; infirmières scolaires qui ne peuvent plus s’occuper que du Covid... Le ministre se vante de laisser les classes ouvertes – encore que 10 800 ont dû tout de même fermer, soit trois fois plus qu’avant les vacances – mais il a surtout semé une immense pagaille au sein des établissements scolaires et désorganisé la vie de tous, personnel et familles. Et sa préoccupation n’est absolument pas de permettre aux milliers de jeunes, de l’école primaire au collège et au lycée, d’étudier dans de bonnes conditions.

Depuis deux ans, aucun poste supplémentaire n’a été créé, aucun poste d’enseignant et de remplaçant. À Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, les parents d’élèves qui appellent à manifester le 13 janvier, dénonçaient le fait que 70 enseignants ne sont pas remplacés depuis la rentrée dans une circonscription qui compte 27 écoles. Il manque des milliers d’enseignants, mais aussi de surveillants, d’infirmières scolaires. Il manque des locaux pour dédoubler les classes et permettre aux jeunes d’étudier des conditions sanitaires correctes, parce qu’à 35, même avec un capteur de CO2, la situation n’est pas tenable.

À part simplifier le protocole sanitaire jusqu’à le supprimer presque totalement, et rappeler les retraités de l’Éducation nationale en leur proposant 27 euros brut de l’heure, Blanquer ne met rien de concret en place. Il reste droit dans ses bottes et ne répond que par le mépris : tout sera maintenu en place, y compris les examens et partiels qui arrivent dans quelques semaines pour certains, et tant pis pour ceux qui ne pourront pas y assister ou ceux qui n’auront pas pu suivre les cours. Cette attitude ne méritait qu’une seule réponse : être le plus nombreux possible dans la rue le 13 janvier, et après.

Camille PAGLIERI