Keolis – Carrières-sous-Poissy : grève d’avertissement

12 Janvier 2022

Les chauffeurs de bus des sites Keolis de Carrières-sous-Poissy et Ecquevilly, dans les Yvelines, ont massivement suivi deux jours de grève, lundi 10 et mardi 11 janvier.

Une vingtaine de lignes sur le secteur des Mureaux et autant sur celui de Poissy ont été mises à l’arrêt, sans compter les transports scolaires. À Carrières-sous-Poissy, la quasi-totalité des 160 chauffeurs ont fait grève. Sur ce site, le mécontentement n’a cessé de grandir depuis que Keolis a repris le marché de ces lignes urbaines et interurbaines à Transdev le 1er août 2021.

Keolis a changé beaucoup de choses… en pire. Sur certaines lignes, le nombre de rotations a été multiplié par deux, rallongeant la journée et réduisant à rien le battement entre deux voyages en tête de ligne. Quitte, le lendemain, à faire peu de tournées, mais étalées sur la journée, avec de grands trous entre elles, obligeant les chauffeurs qui habitent loin à perdre leur temps sur le site. Les chauffeurs sont parfois obligés d’enquiller les unes à la suite des autres des lignes différentes, et dont ils n’ont donc pas l’habitude, au risque d’erreurs de parcours.

Ces plannings ne tiennent pas du tout compte de la réalité, des voyageurs plus lents à monter ou descendre, des traversées de passage à niveau, d’une nouvelle limitation de vitesse à 30 km/h partout, décidée par le maire de Poissy… Si l’on ajoute le fait que Keolis a transféré ailleurs une dizaine de bus, que des dysfonctionnements apparaissent dans l’affichage des destinations sur les bus et autres, le service rendu aux usagers s’est nettement dégradé.

Mais le directeur du site a eu l’audace d’évoquer un prétendu absentéisme des chauffeurs pour expliquer une partie des ratés.

Et puis il y a la paie. D’abord une prime « différentielle » a été créée, que même le service comptabilité du site n’arrive pas à expliquer. Sur la feuille de paie, les chauffeurs trouvent couramment des moins 400 ou moins 800 euros. C’est « une prime comme le Covid avec tellement de variants qu’on ne contrôle rien », ironisent des chauffeurs. À cela s’ajoutent chaque mois des erreurs. Et la paie de décembre a été payée en deux voire trois fois.

Quand trois syndicats, SUD, UNSA et CFDT, ont appelé à deux jours de grève d’avertissement, les chauffeurs y ont donc massivement participé.

Un avertissement que le patron aurait tort de ne pas prendre au sérieux.

Correspondant LO