Dépakine : Sanofi reconnu responsable

12 Janvier 2022

Le tribunal de Paris a reconnu que le groupe pharmaceutique Sanofi a « commis une faute » et « produit et commercialisé un produit défectueux ».

Les femmes enceintes n’ont pas été suffisamment informées des risques de malformations et de retards de développement de leurs enfants, occasionnés par la Dépakine.

Ce jugement permet une action de groupe des victimes de ce médicament.

Commercialisée depuis 1967, la Dépakine est un médicament efficace pour le traitement de nombreuses formes d’épilepsie. Mais il s’est rapidement avéré dangereux pour les enfants dont la mère était sous traitement pendant sa grossesse. Selon les autorités sanitaires, il serait responsable de plusieurs milliers de malformations et de 16 000 à 30 000 cas de retards du développement rien qu’en France.

Pendant des années, Sanofi, qui disposait d’informations sur les effets nocifs du médicament pour les enfants à naître, n’en a pas tenu compte. Des dizaines de milliers de femmes ont pris ce traitement pendant leur grossesse sans avoir été informées de risques pourtant connus. Le groupe n’a fait évoluer les notices, les indications sur les boîtes, et autres informations aux médecins que sous la pression des associations de victimes, et avec des années de retard.

Malgré les limites du jugement, qui ne reconnaît le défaut d’information et de vigilance de la part de Sanofi qu’à partir de 2001 pour ce qui concerne les retards de développement, et même si Sanofi a fait appel, c’est bien sa responsabilité qui est pointée. Le laboratoire a préféré ne pas faire de bruit autour des informations dont il disposait pour continuer à vendre le maximum de boîtes de Dépakine et ne pas ternir son image, faisant ainsi d’un traitement utile, un danger pour des dizaines de milliers de familles.

Lucas Pizet