Chantier du Grand Paris : l’exploitation tue !

12 Janvier 2022

Mercredi 5 janvier, un ouvrier intérimaire a été victime d’un accident de travail mortel sur un chantier du Grand Paris Express. C’est le deuxième en moins d’un an sur ces chantiers.

Chaque année des centaines de milliers de travailleurs sont blessés et des centaines meurent, du fait de l’exploitation et de son aggravation. Ce travailleur est mort, écrasé par la chute d’une barre métallique de 200 kg, dans le chantier de la future gare Pleyel. L’autre accident mortel s’était produit sur celui de La Courneuve. Les deux victimes travaillaient pour le groupe du BTP Eiffage. Le secteur du bâtiment et des travaux publics compte le plus fort pourcentage de morts et de blessés au travail du fait de la négligence criminelle des entrepreneurs, et des économies sur la sécurité. Ces capitalistes sont aussi connus pour abuser de milliers de travailleurs sans papiers, à qui ils peuvent imposer le manque de sécurité et les cadences dangereuses.

D’après l’Assurance maladie, qui ne recense que les accidents du travail des salariés, ils sont entre 700 000 et 800 000 à en être victimes chaque année en France. En 2019, toujours selon cet organisme, 733 travailleurs en sont morts. En plus, 283 travailleurs sont morts dans un accident de trajet, et 248 des suites d’une maladie professionnelle. Cela fait un total de 1 264 morts du travail, plus de trois par jour !

Il faut ajouter à ceux-là, même si personne ne les dénombre, tous les jeunes livreurs ubérisés et autres, obligés de prendre des risques pour respecter les délais des commandes.

La violence de l’exploitation liée à l’avidité des capitalistes à accroître leur fortune sur le dos des travailleurs est facilitée par des gouvernements qui ferment les yeux sur ce qui se passe dans les usines, les chantiers, les bureaux. La Cour des comptes elle-même reconnaît que les effectifs des agents de contrôle du travail ont diminué de 6 % entre 2014 et 2020. Les patrons se sentent à l’abri et les mains libres pour imposer ce qu’ils veulent. Et quand une famille porte plainte, le chemin de la justice est parsemé d’obstacles. Pour la mort d’un apprenti bûcheron de 17 ans, le patron a été reconnu responsable au bout de quatre ans et condamné à deux ans de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. C’est donc ce que vaut selon la loi la vie d’un jeune travailleur.

C’est Macron qui a dit, il y a quelques années : « La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. Il peut tout perdre, lui. » Pour ses semblables, le plus important est la fortune et non la vie… et encore moins celle des travailleurs.

Marion AJAR