Hypermarchés contre pharmaciens : la guerre des autotests

05 Janvier 2022

Après avoir garanti aux pharmaciens qu’ils disposeraient du monopole de la vente des autotests, le gouvernement a autorisé les grandes surfaces à s’emparer du marché.

Forts du monopole qu’ils pensaient avoir sur les ­autotests, les pharmaciens espéraient pouvoir assurer leur marge bénéficiaire. Mais les pharmaciens sont des commerçants indépendants, ils achètent séparément leurs produits par lots restreints en s’adressant à des grossistes. C’est tout le contraire de la grande distribution, qui dispose d’une force de frappe sans commune mesure, avec des centrales d’achat d’envergure internationale, et qui négocie sans intermédiaires avec ses fournisseurs. C’est ainsi que, avant même d’avoir obtenu l’autorisation du gouvernement de commercialiser les ­autotests, le patron de Leclerc s’est vanté d’en avoir stocké des centaines de milliers dans ses entrepôts.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Carrefour et Leclerc puissent proposer des boîtes de cinq autotests à 9,75 euros, soit 1,95 euro l’unité, contre 4 à 5 euros en pharmacie. Pour le consommateur, le choix est évident. Mais il n’est pas normal d’en être de sa poche alors que les tests sont rendus obligatoires.

La grande distribution se targue de vendre ces produits à prix coûtant, c’est-à-dire, dit-elle, sans faire de marge. Les patrons des grandes surfaces ont déjà fait le coup avec l’essence, les masques, le gel hydroalcoolique, chaque fois qu’ils le pensent utile pour attirer le client et ainsi augmenter leur chiffre d’affaires global et la marge bénéficiaire réalisée sur l’ensemble des produits vendus.

La défense proclamée du consommateur ne masque pas la voracité des grandes enseignes.

Philippe Logier