Éducation : écoles ouvertes… au virus !

05 Janvier 2022

Le nouveau protocole sanitaire à l’école a été envoyé aux enseignants dimanche 2 janvier, en fin de journée, quelques heures avant la rentrée scolaire. « C’était tardif », a reconnu le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Et en plus, c’est du vent !

Comme à son habitude, le gouvernement se défausse sur les parents pour gérer les conséquences de la crise sanitaire. Ces derniers doivent maintenant faire tester leur enfant trois fois en quatre jours si un élève de sa classe est positif au Covid. Leur enfant pourra réintégrer la classe dès le premier test négatif. À charge pour les parents de faire la queue dans des files d’attente interminables pour faire un test et obtenir deux autotests gratuits en pharmacie… s’il y en a, ce qui n’est pas garanti, d’après les déclarations des représentants des pharmaciens.

La contamination touche aussi les enseignants, et cela n’est pas du tout une surprise : le mois dernier, le Conseil scientifique avait estimé à un tiers voire plus le nombre d’enseignants susceptibles d’être touchés en janvier. Le ministère, lui, n’a rien anticipé du tout et aucun recrutement de remplaçants n’a été effectué. Résultat : dans des écoles où l’enseignant absent n’a pu être remplacé, l’accueil des élèves ne peut se faire. Faute de mettre les moyens, Blanquer se contente d’aligner les évidences : « Plus d’absents que d’habitude, ça peut désorganiser l’école. »

Le gouvernement se défausse également sur les collectivités territoriales pour investir dans des capteurs de CO2 et dans des purificateurs d’air recommandés par les autorités scientifiques. À la mi-décembre, d’après le ministère de l’Éducation, 20 % des écoles, 38 % des collèges et 54 % des lycées étaient dotés de capteurs de dioxyde de carbone (CO2). Mais même ces pourcentages sont trompeurs, parce que nombre d’établissements ne possèdent qu’un seul capteur pour de nombreuses salles.

Le gouvernement demande aux enseignants d’aérer les salles, en feignant d’oublier que c’est impossible dans bien des endroits. Dans les lycées professionnels, de nombreux ateliers ne comportent pas de fenêtres ; dans certaines écoles, elles ont été condamnées au rez-de-chaussée à cause du plan Vigipirate ; dans d’autres établissements, le chauffage est tellement défaillant que les enseignants hésitent à ouvrir les fenêtres.

Enfin, dernière mesure contre la propagation du virus en milieu scolaire, les enseignants ne pourront plus prendre leur café debout. C’est sûr qu’avec tout cela, il ne leur reste plus qu’à aller se coucher.

Aline URBAIN