Guadeloupe : vers la mobilisation générale ?

29 Décembre 2021

Jeudi 23 décembre, le collectif des organisations en lutte en Guadeloupe a entrepris une action de protestation qui a porté, avec l’occupation pendant 24 heures des locaux du conseil régional.

Ce collectif réunit l’ensemble des syndicats de l’île, dont l’UGTG et la CGTG, ainsi que des organisations politiques comme le LKP, Combat ouvrier, le groupe Nonm (l’homme) ou Travailleurs et paysans. Il réclame la levée des sanctions contre les travailleurs non vaccinés, qui seront suspendus puis licenciés à partir du 31 décembre. Il demande depuis plusieurs semaines que l’État négocie avec lui, mais ce dernier s’y refuse.

Dès 8 heures du matin, les manifestants se sont regroupés sur le piquet de grève du centre hospitalier de Basse-Terre. Puis, ils sont partis en défilé, à 400 personnes, vers le conseil régional. Ils ont demandé d’abord à être reçus, mais ont trouvé porte close. C’est alors qu’un portail a été forcé et une porte vitrée brisée, par laquelle plusieurs centaines de manifestants ont pénétré dans l’enceinte de l’exécutif départemental.

Les élus étaient en séance plénière mais, à l’approche de la manifestation, la plupart avaient déjà quitté les lieux, sauf deux ou trois, dont le président Ary Chalus. Ce dernier reçut une délégation qui lui demanda d’intervenir afin que l’État participe à des négociations. Chalus ayant appelé le préfet, celui-ci refusa toute négociation avec le collectif, qui décida d’occuper les lieux, y compris d’y passer la nuit. Une sorte d’assemblée populaire fut donc tenue avec débats et discussions.

Le préfet ayant proposé à Chalus d’envoyer les forces de police, ce dernier refusa, et le lendemain 24 décembre seulement, en fin de matinée, le collectif décida de quitter les lieux avant d’appeler à deux meetings, mardi 28 et mercredi 29, à Pointe-à-Pitre et à Basse-Terre. Une nouvelle manifestation d’ampleur allait être organisée jeudi 30 décembre.

Face au mépris de l’État et à l’impuissance des élus locaux, le collectif entend renforcer les mobilisations. Il appelle à développer la révolte sociale jusqu’à une offensive qui contraindra l’État à retirer les suspensions de travailleurs et à satisfaire les autres revendications.

Pierre JEAN-CHRISTOPHE