Carrefour – Échirolles : grève chez Derichebourg

22 Décembre 2021

Samedi 11 décembre, des salariés de Derichebourg qui nettoient l’hypermarché Carrefour à Échirolles, dans la banlieue de Grenoble, étaient en grève toute la journée. Depuis des mois, ils alertaient la direction.

Les conditions de travail sont déplorables : agence locale fermée, aucun interlocuteur au téléphone pour les réclamations, pas de chef d’équipe pour organiser le travail et donner des produits, manque de matériel et de vêtements de travail, non-paiement des heures complémentaires, des compléments maladie ou accident du travail… Ces salariés qui ont travaillé sans arrêt pendant toute la durée de la pandémie, au début sans aucune protection, n’ont même pas eu droit à la prime Covid qu’ont eue ceux de Carrefour.

Cette grève a eu le mérite de déboucher les oreilles de Derichebourg, qui a dépêché sur place le jeudi suivant un directeur venu de Paris. Les grévistes ont obtenu satisfaction pour toutes leurs revendications, et un poste supplémentaire de coéquipier pour le travailleur qui ramasse quotidiennement dans l’agglomération les chariots volés. Ce dernier, qui avait été racketté de 100 euros par des voyous qui l’avaient bloqué avec son fourgon dans une cité, a même obtenu le remboursement de cette « rançon » par Derichebourg qui refusait jusque-là de payer.

La direction de Carrefour, elle, a fait intervenir… la police. Une brigade spécialisée de terrain (BST) en tenue renforcée, lanceur LBD à la main, est venue contrôler le piquet de grève tôt le matin, puis faire pression sur les grévistes qui buvaient un café dans un bar, leur rappelant qu’ils n’avaient pas le droit de manifester ni même de se rassembler puisqu’aucune demande n’avait été faite en préfecture.

Ces intimidations n’ont pas empêché le rassemblement des grévistes devant l’entrée de Carrefour gardée par la BST… au nom de la loi !

Ce jour-là, la loi, ce sont les travailleurs qui l’ont imposée à Derichebourg et à Carrefour,

Correspondant LO